LE MAIRE DE GRENOBLE VEUT AUTORISER LE BURKINI DANS LES PISCINES

Je suis en vacances au Canada dans les montagnes rocheuses. A Banff plus exactement, à quelques kilomètres de Calgary, la ville des jeux olympiques d’hiver de 1988. On va à Banff, non seulement pour ses montagnes et ses lacs, mais aussi pour sa piscine en plein air accrochée à Flanc de montagne. Les baigneurs s’y pressent été comme hiver, où la température atteint parfois -40°. Le secret est que la piscine est alimentée par une source naturelle d’eau chaude, et qu’on peut s’y baigner en toutes saisons.
Devant moi deux jeunes filles sont en train de bavarder. L’une porte une sorte de bikini-string, presque symbolique, qui ne cache rien de son anatomie. L’autre porte un vêtement de bain qu’on appelle ici un « burkini ». Personne ne prête la moindre attention à elles.

Cette scène serait impossible en France. Ici, les femmes n’ont pas le droit de s’habiller comme elles le souhaitent. Les piscines interdisent le port du burkini.

A Grenoble pourtant, le maire écologiste Eric Piolle vient de décider donner aux femmes l’autorisation de porter le vêtement de bain qu’elles souhaitent, à conditions qu’il réponde aux conditions d’hygiène habituelles.

Laurent Wauquier, « père la pudeur » à l’envers

Et là, c’est la révolution : la droite, en la personne du président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, le LR Laurent Wauquier, s’insurge, crie au scandale, menace de couper les subventions accordées par la région : « Pas un centime ne financera votre soumission à l’islamisme ! ».

Naturellement, le port du burkini, c’est de l’islamisme, de la graine de terrorisme… pauvre France.
A Minneaplois, aux Etats-Unis, les mosquées diffusent l’Adhan. De nombreux états américains ont décrété l’Aïd jour férié, à l’Apple store de Londres, des employés en djellabah, blouson à la pomme par dessus, distribuent des sacs aux clients pendant les fêtes de Noël.
En France, on continue à interdire les minarets, on ferme les écoles qui acceptent les élèves en foulard, on persiste à vouloir imposer aux femmes la façon de s’habiller.

« Pour moi ce qui compte, ce n’est pas de faire un chantage à la subvention, ce qui compte c’est d’envoyer un signal. Et de dire stop. On ne va pas détourner le regard. On ne va pas faire semblant que ce soit anecdotique qu’un élu de la République accepte de pactiser avec l’islam politique », s’étrangle le président de la région Auvergne Rhône-Alpes qui ne souhaite pas continuer à « travailler avec le maire de Grenoble comme si de rien n’était, alors qu’on a un élu qui accepte de lui-même un symbole absolu de discrimination homme-femme. On ne demande pas aux hommes de couvrir leur corps sous prétexte que ce serait des objets de tentation ou que ce serait impudique ».

Pourtant, Monsieur Wauquier, interdit-on aux hommes de porter un chapeau ou de se baigner en costume de bain couvrant ?

Un progrès social

Photo Eric Baker

Mais le maire de Grenoble n’a cure de ces menaces. Il a confirmé sa volonté de lever tous les interdits en vigueur. Le texte qui sera présenté au conseil municipal le 16 mai ne mentionne pas spécifiquement le mot « burkini », mais son article 10 l’autorise de fait en supprimant toute notion d’interdiction des maillots de bain d’une certaine longueur.

Pour Éric Piolle, le service public doit être ouvert à tous.« C’est un progrès social dans l’accessibilité du service public. Chacun peut venir à la piscine habillé comme il le souhaite, dans la mesure où il respecte l’hygiène et la sécurité », insiste le maire. « Nous sommes profondément universalistes, et donc nous voulons cette égalité devant le service public plutôt qu’un texte qui réglemente notamment la tenue des femmes, comme souvent dans l’histoire » »Vous pourrez vous baigner avec un maillot couvrant si vous désirez vous protéger du soleil ou pour des convictions religieuses, cela ne nous regarde pas. Du moment que vous respectez les règles d’hygiène et de sécurité, la piscine grenobloise vous est ouverte » a conclu l’élu EELV.

Comment instrumentaliser la liberté des femmes

Pour Laurent Wauquier, l’autorisation du port du burkini dans les piscines serait une « régression ». « Au nom de quoi dans notre pays, la France, qui a mis tant de temps à conquérir cette égalité entre homme et femme on va aboutir à cette régression, dans un service public géré par une mairie, d’installer le port du burkini ? « s’est-il interrogé au micro d’Europe 1.

Les femmes doivent être reconnaissantes à un homme de prendre ainsi leur défense !

Mais cette subite compassion pour l’égalité est-elle vraiment sincère ?
En place de « Cachez ce sein que je ne saurai voir », Molière pourrait aujourd’hui écrire : « Ôtez ce vêtement qui cache à mes yeux votre sein ».

Un prétexte qui rappelle les sinistres affiches du temps de la colonisation algérienne : « Dévoilez-vous, n’êtes-vous pas plus jolies ? ».
Et voilà comment on maquille le machisme en féminisme. Il devient insupportable, à une société où le consumérisme prend la place du spirituel, que le corps de la femme ne puisse être un objet de commerce, une marchandise qui s’offre à l’étalage.

Et si on laissait à chaque femme la liberté de monter ou non son corps, d’en dévoiler ce qu’elle souhaite ?

De lui laisser le choix. C’est cela la laïcité : la liberté.

لَكُمْ دِينُكُمْ وَلِىَ دِينِ « À vous votre religion, à moi la mienne »

On comprend bien qu’il n’est plus réellement ici question de liberté de la femme, mais de cette vision de l’islam que colportent les adeptes du laïcisme forcené. Même la conseillère municipale Cécile Cenatiempo, « Nouvel Air Socialistes et Apparentés », est tombée dans le piège : « C’est un mauvais message envoyé à ces millions de femmes qui se battent pour pouvoir s’habiller comme elles le veulent, pour ne pas être soumises au patriarcat imposé par certaines religions ».

Comme si c’était un fait évident, incontestable, que la décence musulmane n’était que l’expression d’une soumission à l’homme.

Pourtant, la France est le seul pays à adopter des mesures contraignantes sur l’habillement des femmes. Pourtant, rappelle Eric Piolle, à Rennes en Bretagne, le burkini est autorisé depuis 2018,  sans que cela ne pose le moindre problème.

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