24 AVRIL : LA CLASSE POLITIQUE FRANÇAISE S’ABAISSE DEVANT LE LOBBY ISLAMOPHOBE ARMÉNIEN

Ce 24 avril, on a vu en France les politiciens de tous bords chercher à prendre leur place dans le concert de revendications communautaires organisé par Conseil de coordination des associations arméniennes de France (CCAF) à l’occasion de la commémoration du « génocide arménien ».  

Les politiciens français à la pêche aux voix arméniennes

Place du Canada, à Paris, on a ainsi pu entendre Xavier Bertrand, le président de la région Nord-Pas de Calais qui s’illustre dans sa chasse aux musulmans français, affirmer que l’Arménie était «une continuation de l’Europe, le prolongement du génie latin en Orient», légitimer l’occupation du Haut-Karabakh, et appeler au boycott de la COP 29 de Bakou. « Il est de notre intérêt crucial d’armer significativement l’Arménie contre les menaces de l’Azerbaïdjan, car ces menaces sont aussi celles de la Russie contre les valeurs libérales incarnées par l’Arménie au Sud-Caucase. » Conclut-il dans un bel amalgame sans scrupule.

Valérie Pécresse, présidente de la région Paris-Ile de France, fustige « l’épuration ethnique qui s’est déroulée dans un silence de mort avec l’aide de la Turquie et le lâchage de la Russie », ajoutant que « La France et la communauté internationale doivent exiger l’arrêt des hostilités, le retour des Arméniens au Haut-Karabagh, le respect du patrimoine arménien et l’intégrité territoriale totale de l’Arménie. La paix, dit-elle encore, ne doit nous faire oublier ce que représente l’Arménie pour nous », sans souffler un mot du million d’Azerbaïdjanais chassés de leurs terre depuis 1987, des villes du Karabakh réduites à l’état de ruines, des monuments, mosquées, et même églises non arméniennes détruits ou saccagés.  Elle n’hésite pas à conclure, sans vergogne que «  Défendre l’Arménie, c’est défendre le pluralisme ». Bel hommage à un pays mono-ethnique, mono-religieux, face à un Azerbaïdjan laïque et multiculturel.  

Anne Hidalgo, maire de Paris, offre une médaille à Artak Beglaryan, un ancien « Ministre d’État de la République du Haut-Karabakh », rejoint le chœur des hérauts de « l’agression commise par l’Azerbaïdjan contre le Haut-Karabagh, et du nettoyage ethnique », et demande elle aussi le boycott de la COP 29.

Le Premier ministre Gabriel Attal se fait « historien » en reprenant le récit arménien des événements de 1915, dans un discours qui n’a visiblement pas été écrit par lui. La proximité d’Ara Toranian, ancien porte-parole de l’ASALA explique peut-être cela. « Une fois de plus, une fois encore, une fois de trop, l’Arménie connaît la guerre. Une fois de plus, une fois encore, des Arméniens ont dû quitter leurs terres dans un exil forcé » dit Attal dans un lyrisme de circonstance, oubliant juste que c’est l’Arménie qui a envahi le Karabakh et que ce sont les Azeris qui ont été chassés d’Arménie et du Karabakh. Mais qu’importe la vérité historique quand l’enjeu est la volonté de ne pas s’aliéner le vote arménien alors que le parti présidentiel est en situation difficile.  

Les 800 000 membres de la diaspora française sont-ils aussi puissants qu’ils peuvent ainsi mettre au pas l’ensemble de la classe politique française ? Sans doute, lorsque l’on voit Jean-Luc Mélenchon, pourtant le seul défenseur des musulmans français, se rendre directement à Erevan le 24 avril pour assurer que « La reconnaissance du génocide arménien est une nécessité pour la construction d’une conscience universelle », puis poser tout sourire pour une photo aux côtés d’un ancien braquer condamné par la France, devenu un héros de l’extrémisme arménien.
Comme l’argent, les voix n’ont pas d’odeur.  

Le 24 avril 1915 

Mais qu’en est-il véritablement de ce « génocide arménien » ?

Pourquoi les Turcs s’en seraient-ils pris aux Arméniens, alors que ceux-ci étaient parfaitement intégrés, et qu’il y avait des ministres arméniens au gouvernement ? Et pourquoi les Turcs, dont la tradition d’accueil date de plusieurs siècles, et ont accueilli les juifs victimes des massacres de la Reconquista espagnole ? 

Pendant la première guerre mondiale, les Ottomans ont choisi leur camp. Sans doute pas le bon. Celui de l’Allemagne et de l’Autriche-Hongrie, se trouvant ainsi en situation de guerre contre la France, le Royaume-Uni et la Russie. Ces derniers ont alors craint d’être obligés d’ouvrir un nouveau fond au sud, risquant ainsi de les affaiblir dans la guerre menée au Nord.

Ils montèrent alors le projet de destabiliser les Turcs de l’intérieur. Les Ottomans occupaient en effet la péninsule arabique, peuplée de tribus extrêmement combattives. Cette occupation était d’ailleurs plutôt administrative, les tribus arabes n’étant pas facile à soumettre. La France et l’Angleterre envoyèrent donc des émissaires dans la péninsule pour encourager les tribus arabes à se révolter. En échange, elles recevraient argent et armes.

Chacun connait l’émissaire anglais, Thomas Edward Lawrence, plus connu sous le nom de Lawrence d’Arabie. Côté français, c’est le capitaine Rosario Pisani qui fut envoyé. Malheureusement pour lui, il n’était pas écrivain, et fut très vite oublié. Cette opération connut le succès escompté avec la prise d’Akaba. Les Russes tentèrent la même démarche en Anatolie, en s’appuyant cette fois sur la population chrétienne arménienne. Par l’intermédiaire arméniens Russes, la Russie finança le parti révolutionnaire Dashnak afin qu’il provoque le soulèvement des Arméniens .  Ceux-ci attaquèrent et incendièrent des villages, tuèrent les populations, hommes, femmes, enfants, vieillards, cherchèrent à détruire les routes, les ponts, les grandes voies de communication, comme le chemin de fer partant d’Istanbul, dont la partie arabe du Hedjaz était déjà l’objet des sabotages de la part des troupes de Lawrence d’Arabie. L’image d’un peuple doux, tranquille et religieux, comme l’affirme aujourd’hui le story telling arménien, ne tient guère devant les faits. A Van, par exemple, la population musulmane fut systématiquement exterminée. Le 24 mai1915, le Journal arménien Gotchnak, publié aux Etats-Unis annonçait fièrement :  « II ne reste plus que 1500 Turcs à Van ». À Trebizon, ce furent des milliers de Grecs qui furent massacrés, et dans la région d’Hakkari, ce furent les Juifs qui furent victimes de pogroms.

Sauf qu’en Anatolie, la situation était très différente du Hadjaz. Contrairement aux Arabes, les Arméniens faisaient partie intégrante, depuis longtemps, du peuple turc, même si une première trahison avait eu lieu du temps du Sultan Abdel Hamid II en 1896, provoquant une répression que les historiens arméniens avaient instrumentalisée pour nourrir le nationalisme  arménien.Si la promesse des Russes aux Arméniens fut celle de l’indépendance, leur véritable dessein était l’annexion pure et simple de l’Anatolie, aidée en cela par les Arméniens, qui ne verraient évidemment pas les promesses tenues, pas plus que les alliés n’ont tenu leurs promesses envers les Arabes en se partageant les restes de l’Empire ottoman. L’insurrection des Arméniens contre leur propre pays fut évidemment vécue comme une trahison par les autorités turques, qui se devaient d’y mettre fin. Coincés entre les puissants empires ottoman, russe et perse, les Arméniens ont souvent eu comme politique de s’allier tantôt avec les uns, tantôt avec les autres, espérant tirer ainsi leur épingle du jeu. Mais quand on est un agneau, on ne joue pas avec les loups. Les Arméniens savaient qu’en cas d’échec, les autorités turques ne leur feraient pas de cadeau. L’époque n’était guère à l’indulgence, d’un côté comme de l’autre. Ils étaient toutefois persuadés qu’en cas de répression de leurs opérations contre les populations musulmanes, ils auraient le soutien des puissances européennes chrétiennes. Mais, voyant l’échec de leur tentative, celles-ci eurent tôt fait d’abandonner les Arméniens à leur triste sort. Le gouvernement Jeune-Turc étant encore fragile et n’ayant pas les moyens de lever des forces armées contre les insurgés, après une ultime tentative des autorités turques de faire revenir les Arméniens dans le giron national, décision fut prise de déplacer les populations civiles arméniennes hors de l’emprise des nationalistes.
Ce déplacement, puis la relocalisation des population arméniennes fut particulièrement difficile. Victimes d’attaques de bandes armées, notamment de milices kurdes, puis d’épidémies, mais aussi d’épuisement, de nombreux civils moururent dans cette opération. Les privations étaient d’ailleurs subies par toute le monde, et ne firent évidemment pas que des victimes arméniennes. 90 000 soldats turcs périrent ainsi dans l’Est et de 3 à 4 millions d’ottomans, de toutes religions, furent décimés par la disette. Des exactions furent également, il est vrai, perpétrées par des soldats turcs, poussés par la vengeance. Plus de 1 000 condamnations ont été prononcés après la guerre par les autorités turques.

Le 24 avril 1915, les comités révolutionnaires arméniens furent interdits et 235 de leurs dirigeants furent arrêtés. C’est cette date qui a été retenue par la diaspora arménienne mondiale, comme symbole du « génocide arménien ». Celle-ci désigne tout particulièrement l’arrestation des intellectuels arméniens. Une accusation fantaisiste puisque environ 500 000 Arméniens, élus du parlement ottoman, fonctionnaires, artistes, personnalités religieuses, furent exemptées du déplacement. Les personnes arrêtées étaient uniquement les leaders des mouvements nationalistes révolutionnaires.

Les statistiques de l’époque évaluent à 700 000 le nombre des Arméniens déplacés. Certains ont péri, d’autre non. On est loin des 1 500 000 évoqués par les associations de diasporas arméniennes. En tous cas, il n’y a jamais eu, ainsi que l’ont fait remarquer les justices britanniques et américaines saisies par les Arméniens après la guerre, de volonté de détruire le peuple arménien, mais une réponse, certes musclée, aux atrocités commises par les milices nationalistes arméniennes contre les populations musulmanes. Quant a fameux télégramme de Talaat Pacha, c’est un faux grossier, d’ailleurs reconnu comme tel par les historiens, mais que continuent à brandir les mouvements extrémistes arméniens. 

Le story-telling du « génocide » et le lobby arménien

Si les mouvements arméniens français insistent tant pour que l’on qualifie les événements de 1915 de génocide, c’est simplement parce qu’à ce moment, contester la version arménienne des faits, deviendra un acte de négationnisme punie par la loi. Il ne sera plus alors possible de mettre en doute la parole arménienne qui sera dès lors gravée dans le marbre.

Cette position n’est même plus partagée par le gouvernement de Nikol Pachniyan, qui s’est même rendu en Turquie à l’occasion de l’investiture d’Erdogan. Il a accusé les nationalistes arméniens d’avoir entraîné le peuple dans l’aventure insensée du Karabakh et d’avoir, en refusant que les Arméniens de Khankendi (Stepanakert pour les séparatistes) prennent la nationalité azerbaïdjanaise comme Bakou le leur avait proposé, provoqué eux-mêmes l’exode des 100 000 Arméniens de la région. Mourad Papazian, le leader de la communauté en France a même été interdit de séjour sur le sol arménien. Dès lors, le soi-disant « nettoyage ethnique » subi par les Arméniens est avoué comme étant une légende écrite par les leaders séparatistes. Il est regrettable que les politiciens français se le soient appropriés.

Pour le moment, c’est à travers la pression du lobby arménien que toute mise en cause du « génocide arménien » est combattue, et censurée, notamment sur l’ensemble des medias.

Les Arméniens français, dont les divisions menaçaient l’efficacité du combat, ont vite compris qu’il fallait investir dans la guerre médiatique, la plume étant, selon la formule consacrée, plus meurtrière que les balles. Ainsi les journalistes arméniens ont investi les rédactions, et pris le contrôle de l’information sur les grandes chaînes de télévision, dans la presse écrite, notamment au Point, dirigé par Valérie Toranian, l’ex épouse d’Ara Toranian, et qui a succédé à son nouvel époux, Franz-Olivier Giesbert, aujourd’hui éditorialiste du même journal. Mourad Papazian, co-président du CCAF, est propriétaire de CB News, Stratégies, Pub, Le Journal du luxe, et du Who’s who. Il est également dirigeant du plus important groupe français d’écoles de journalisme, Mediaschool. Une journaliste arménienne a même rejoint l’équipe de rédaction de Radio J, où elle diffuse des informations pro-arméniennes, malgré les attaques répétées de l’Arménie contre les israéliens. Les journalistes qui essaient de faire correctement leur métier d’information sont régulièrement menacés, comme la reporter Liseron Boudoul, dont le reportage au Karabakh a été immédiatement supprimé après sa première diffusion car il ne reflétait pas la vision arménienne du conflit. 

Il est aujourd’hui très difficile de publier un livre objectif sur l’histoire du Caucase, les éditeurs craignant des représailles au sein de ce milieu très fermé. Seuls quels éditeurs courageux, comme Hermann ont osé s’y frotter. 

Que penser alors de cette quasi unanimité politique autour de la condamnation de l’Azerbaïdjan ? Issue d’une lecture de l’histoire frelatée, contraire aux décisions de l’ONU reconnaissant le Karabakh comme faisant partie intégrante de l’Azerbaïdjan, accusant les Azerbaïdjanais de nettoyage ethnique et de destruction du patrimoine arménien alors que ce sont les azéris qui ont subi les expulsions de leur terre natale et l’anéantissement de leur patrimoine architectural et religieux, cette position est inexplicable, sinon pour de basses considérations de politique intérieure. Dès lors, les résolutions parlementaires et les discours haineux à l’égard de l’Azerbaïdjan apparaissent comme une volonté d’assimiler le conflit du Caucase à une guerre de civilisations, comme l’affirme Bruno Retailleau : « On laisse seul dans son malheur l’Arménie ! Ils sont trop chrétiens […] on a une épuration ethnique et religieuse. »  Etrange paradoxe de voir un pays laïque et multiculturel servir d’exemple à un supposé « grand remplacement » musulman.  Consternant. Si vous vous promenez dans les allées du Père-Lachaise, vous entendrez certainement Voltaire se retourner dans sa tombe.

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