CRIF, ARMÉNIENS ET ANTISÉMITISME

La France ne devrait-elle pas s’inquiéter du fait que l’un des assaillants les plus violents de l’ambassade d’Azerbaïdjan à Paris le 18 septembre 2022 soit un militant arménien radicalisé qui exprime des vues extravagantes sur l’histoire du monde ?  

Loris Toufanian a la certitude que, de la plus haute antiquité aux trottoirs de l’avenue d’Iéna, le peuple arménien est le coeur battant du monde, son alpha et son oméga.

Activiste engagé dans le parti arménien Dachnaksoutioun (responsable pour la jeunesse de la Fédération Révolutionnaire Arménienne-Dachnak en France et un des membres-fondateurs du mouvement dissident Charjoum), il exprimait, lors de sa conférence sur « Zoom » du 2 février dernier, ses griefs envers l’État d’Israël en raison de ses fournitures de matériel militaire à l’Azerbaïdjan. Une animosité qui s’explique également par le fait que la police israélienne tient, depuis quelques années, les Arméniens de Jérusalem à l’écart des cérémonies du Feu Divin au Saint-Sépulcre en raison de bagarres spectaculaires et répétées dans le sanctuaire entre membres du clergé grec et du clergé arménien.

Alors, la question est : pourquoi le CRIF a-t-il soutenu verbalement la position arménienne lors des événements de septembre dans lesquels Monsieur Toufanian s’est illustré ? Considérant l’antisémitisme exacerbé qui règne au sein des activistes de la communauté arménienne, on peine à saisir les logiques mises en œuvre dans certaines instances politiques juives de France. Ceci, au moment même où, en Arménie, des menaces ouvertes se font jour à l’encontre de la communauté israélite (500 à 1 000 individus). 

État passionnément mono-ethnique l’Arménie n’est pas à l’abri de dérives fascistes, voire nazifiantes, tant l’antisémitisme y possède de profondes racines. Rappelons que l’un des héros du nationalisme arménien, Garéguine Njdeh, dont les statues trônent dans les principales villes arméniennes, fut le promoteur de l’exaltation raciale arménienne dans les années 30-40, et s’engagea en 1942 dans la légion arménienne de la Wehrmacht. Il collabora avec les nazis, notamment aux côtés du théoricien Alfred Rosenberg, qui voyait une similitude entre les « races » aryenne et arménienne.

À la lumière de cette tendance lourde au sein du militantisme nationaliste arménien le plus acharné, on comprend mal que les représentants des Juifs de France ne revoient pas leur position. 

S.A.

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