OUZBÉKISTAN : L’ESPRIT D’INNOVATION

Par Okil SALIMOV, Académicien

Le philosophe français René Descartes a dit un jour : « Je pense, donc je suis. »

Après tout, dans ce monde éclairé, seul un humain a la capacité de penser, de vivre selon la raison. C’est une grande bénédiction que Dieu a accordée à la race humaine. Il construit sa vie dans le cadre de l’esprit, passe sa vie à penser et vit donc une vie heureuse. Le sens de la vie d’une personne est directement déterminé par la pensée, le raisonnement et l’utilisation de la raison.

Le grand savant Abu Nasr al-Farabi a dit : « L’essence de l’homme est dans l’esprit, et l’essence de l’esprit est dans l’action. » Bien sûr, l’esprit n’a ni taille, ni volume, ni poids, ni couleur, ni goût. Nous pouvons le constater dans la façon dont les gens interagissent, dans leur comportement, dans leurs actions, dans les buts pour lesquels ils vivent. C’est dans ce processus d’interaction que nous arrivons à la conclusion que cette personne est intelligente. Le niveau de l’esprit est lié à des objectifs, entouré d’émotions, de sentiments. Les gens d’esprit poursuivent des objectifs élevés, font preuve d’une énergie inégalée et du désir de créer de grandes choses.

« LE MIRACLE DE L’ÉVEIL »

On ne parle pas de philosophie de l’esprit pour rien. Nous sommes une nation de rêves. La passion, la noblesse des sentiments, la force de réaliser nos rêves irriguent nos veines.

Car les rêves embellissent la vie. La quête d’un rêve stimule nos capacités créatives, nous apportent reconnaissance, respect et considération. Alors le « miracle de la renaissance » se produira.

Rabindranath Tagore écrit à propos du Miracle de la Renaissance :

« Je me suis réveillé. L’obscurité à l’extérieur de la fenêtre a disparu.
Je me suis réveillé. Miracle. C’est un miracle. »

C’est une transformation de cette sorte que connaît l’Ouzbékistan aujourd’hui. La force psychique et spirituelle de notre peuple, aiguisée dans les épreuves de l’histoire, lui a donné l’énergie de transformer ses rêves en réalité, et de faire de l’Ousbékistan, dans un contexte historique totalement nouveau, un grand État moderne.

Et même si l’ignorance, l’obscurantisme, la peur du changement tentent parfois de faire obstacle au progrès, nous, nous misons sur l’éducation, le savoir, l’intelligence.

Notre peuple a toujours été travailleur, créatif, poursuivant des objectifs nobles et regardant vers l’avenir avec confiance. Une telle nation est toujours capable de tout. Elle peut se créer un grand avenir et jeter les bases d’une avenir prospère, offrir des conditions de vie heureuse pour les générations futures.

L’Ousbekistan a entrepris de grandes et profondes réformes à la hauteur des espoirs et des ambitions de ses citoyens.

Cela a été souligné par le président Shavkat Mirziyoyev : « Nous nous sommes fixé un grand objectif pour jeter les bases de la Troisième Renaissance dans notre pays, pour laquelle nous devons créer un environnement et des conditions pour l’émergence des nouveaux Khorezmi, Beruni, Ibn Sinna, Ulugbeks , Navoi et Baburs.
La développement de l’éducation, d’une meilleure hygiène de vie, de la science et de l’innovation doivent devenir les principaux piliers de nos valeurs nationales. »

Les objectifs qui constituent les fondements de cette Troisième Renaissance constituent la base de la stratégie de développement du Nouvel Ouzbékistan. Et on peut dire que les efforts pour atteindre ces objectifs ont jeté les bases d’un nouveau regard sur notre société. En effet, la science ne peut se développer sans éducation. Et sans le développement de la science et de la technologie, il est impossible d’assurer le développement de la société. À cette fin, le président s’est prononcé pour une réforme complète de tous les aspects de la formation continue, afin d’améliorer la qualité et l’efficacité de l’enseignement.

La politique éducative et scientifique de notre État est, un projet politique, spirituel, économique et social destiné à former les créateurs de demain.

NOUS NE DEVONS PAS ÊTRE INDIFFÉRENTS DE L’ÉDUCATION DES JEUNES

Le 5 avril de cette année, une vidéoconférence a été organisée pour analyser les résultats des réformes dans le domaine de l’éducation publique. Elle a permis de mettre à jour un certain nombre de lacunes dans ce domaine. Plus important encore, un train de mesures a été pris pour améliorer la qualité et l’efficacité de l’enseignement dans les écoles secondaires. En particulier, la nécessité de créer des programmes entièrement nouveaux, l’utilisation des technologies pédagogiques modernes dans l’éducation a été soulignée. Il est prévu qu’au cours des trois à quatre prochaines années, tous les professeurs des écoles enseignent selon la nouvelle méthodologie.

A cet effet, des centres nationaux de formation seront créés sur la base de centres de perfectionnement dans chaque région pour former les enseignants aux nouvelles méthodes. Ils attireront les spécialistes étrangers les plus qualifiés dans le domaine des sciences exactes et naturelles. Un « groupe de coaching » sera formé dans chaque région, ce qui permettra d’améliorer les qualifications des enseignants des écoles locales. Une somme additionnelle de 100 millions de dollars sera allouée pour la mise en place de ce nouveau système.

L’Institut de recherche scientifique Abdulla Avloni sera créé au sein du Centre national républicain d’éducation et fusionné avec l’Université pédagogique d’État de Tachkent.

Les ressources matérielles et techniques des écoles secondaires seront significativement améliorées. A la rentrée prochaine, des cours d’informatique seront organisés dans 960 écoles, dont 740 seront rééquipées. Au total, plus de cinq mille cours d’informatique seront mis à jour. 200 milliards de soums (17 M €) seront alloués sur le budget républicain et le même montant sur les budgets locaux.

Cet effort considérable nous permet de regarder avec beaucoup d’espoir notre présent et notre avenir. Car nous n’oublierons jamais les mots d’Aristote : « Le sort de la patrie est décidé par l’éducation de la jeunesse. »

C’est pourquoi, aucun d’entre nous, en particulier les parents et nous – éducateurs, n’avons le droit d’être indifférents à l’éducation des jeunes.

Quant à l’enseignement supérieur, nous ne nous lassons pas de souligner que l’avenir de notre pays, le succès dans tous les domaines dépendent de professionnels bien formés, à l’esprit moderne, spécialistes dans leur domaine.

Le 4 mars de cette année, une visioconférence a eu lieu sur les priorités de l’emploi des étudiants universitaires.

Ces dernières années, le processus de réduction de la pauvreté et de protection sociale des pauvres bat son plein dans notre pays. Une attention particulière a été portée aux étudiants à faible revenu. Leur donner les ;moyens d’entre dans les meilleures conditions dans la vie active est désormais une priorité de la politique sociale de l’État.

Actuellement, 820 000 étudiants étudient dans les universités. Environ 100 000 d’entre eux ont besoin de travailler pour s’assurer un revenu complémentaire. Parmi eux se trouvent 7 500 orphelins ou étudiants handicapés. 4 500 autres garçons et filles doivent recevoir des prestations sociales.

Des mesures sont prises afin que les étudiants puissent mettre à profit leur savoir dans la pratique d’une activité professionnelle utile à la société pendant leur temps libre. Cette initiative présente un double avantage. Elle permettra d’abord à un étudiant à faible revenu de résoudre certains problèmes financier. Ensuite, cette incursion précoce dans le monde professionnel accroîtra ses compétences et son expertise.

Cette osmose entre théorie et pratique est indispensable dans des spécialités comme la médecine, la formation des ingénieurs, des agronomes, des architectes, dans les communications, les transports, l’économie. C’est aussi un moyen de stimuler encore plus la passion pour le métier qu’ils ont choisi. L’enthousiasme des étudiants pour cette formation pratique est d’ailleurs éloquente.

En regardant la prochaine vidéoconférence du chef de notre Etat sur les problèmes dans le domaine de l’éducation, un moment a retenu mon attention. Le président considère les dirigeants locaux avec beaucoup de confiance et de détermination. Après tout, ce sont eux qui organisent la mise en œuvre de la stratégie de développement de l’État sur le terrain, l’amenant à des résultats efficaces.

Parlant des réformes dans le domaine de l’enseignement public, le président a déclaré : « Si les dirigeants et les enseignants accompagnent cette vision du nouvel Ouzbékistan, nous pourrons éduquer nos enfants conformément aux exigences de l’époque. Notre peuple nous confie avec sa plus grande richesse : ses enfants. C’est une immense responsabilité. Si nous comprenons cela, si nous nous remettons en permanence en question, et mettons en place notre réforme de l’école, nous jetterons les bases de l’avenir. « 

Il y a une certaine logique dans cette affirmation. Nous sommes responsables de l’avenir de la nation. L’avenir est entre les mains de nos enfants.

Concernant l’enseignement supérieur, le chef l’Etat a déclaré : « L’université est une grande famille. Le chef de cette famille est le recteur. Les parents lui ont confié leur plus grande richesse, leur enfant. Il doit rencontrer chaque étudiant en personne. Il doit connaître la situation réelle de chacun d’eux, connaître sa situation familiale, savoir comment se déroulent ses études, les conditions de leurs études, écouter leurs problèmes et leurs suggestions, et c’est de sa responsabilité de trouver les bonnes réponses à leurs questionnements. « 

Récemment, j’ai lu un article dans le journal « Yangi Uzbekistan » du recteur de l’Institut d’État des langues étrangères de Samarkand, Ilkhomjon Tukhtasinov. En général, le système éducatif ne m’est pas étranger. Mes relations avec les universités sont étroites, et je connais bien leurs activités, notamment à Samarcande. Après avoir lu cet article, j’ai pris davantage conscience de l’enjeu auquel les chefs d’établissement doivent faire face, leurs responsabilités dans l’optimisation des ressources internes, l’organisation du travail, la réalisation des objectifs, dans des conditions parfois difficiles. En rencontrant Tukhtasinov lui-même, j’ai vu en lui un leader à la vision claire, passionné, enthousiaste, courageux.*

Nous avons un dicton : « Qui veut travailler, cherche des opportunités, qui ne veut pas, cherche des excuses. » Un vrai patron n’a pas peur des responsabilités, il est à la recherche d’opportunités.

Après une vidéoconférence sur les priorités de l’emploi des étudiants dans les établissements d’enseignement supérieur, le Centre pour l’emploi de l’Institut d’État des langues étrangères de Samarcande a mené une enquête inter-facultés et identifié 843 étudiants ayant besoin de travail en raison de la pression sociale. En un mois, 200 étudiants ayant besoin d’une protection sociale ont été employés dans les postes vacants de l’Institut, de divers centres éducatifs et linguistiques et d’établissements d’enseignement. Des plans d’emploi ont été élaborés pour les 643 étudiants nécessiteux. Il est prévu qu’ils soient employés dans les centres de langues et les branches de l’Institut dans les régions de Narpay et Payarik.

150 étudiants ayant des compétences linguistiques d’au moins В2 et С1 seront embauchés pour des activités de soutien. Des locaux seront mis à disposition des étudiants pour l’organisation de stages de perfectionnement rémunérés, de cercles divers, de cours d’informatique, de sport, de couture et de divers autres services, employant ainsi 40 étudiants supplémentaires. L’institut coopère actuellement avec une centaine d’universités étrangères prestigieuses, notamment avec plusieurs établissements d’enseignement en Allemagne afin de fournir aux étudiants des emplois, d’acquérir une expérience à l’étranger et de maîtriser les technologies de pointe dans les pays les plus développés.

Pour assurer l’emploi des étudiants, un accord a notamment été conclu avec les agences pour l’emploi allemandes The Simson Private Academy et Globalconsalt sur le recrutement de jeunes diplômés ayant une bonne connaissance de la langue allemande. Nos partenaires allemands ont ainsi proposé une formation de 3 mois, avec voyage, hébergement et 3 repas par jour, ainsi qu’un salaire mensuel de l’ordre de 1000-1800 euros.

Lors d’une réunion le 29 mars avec des représentants de l’Académie privée Simson, de l’Agence régionale de Thuringe pour la sélection des travailleurs qualifiés et de l’Institut national des langues étrangères de Samarkand, un accord a été conclu pour créer un centre de recyclage professionnel. Un protocole de coopération a été signé en ce sens. Dans le cadre de ce partenariat, les diplômés titulaires d’un diplôme В1 en allemand effectueront un premier stage de six mois dans divers domaines dans des entreprises allemandes réputées. Une formation en alternance, leur permettra d’acquérir à la fois la maîtrise de leur métier et vde la langue allemande.

Il ne s’agit que d’un début. Nos objectifs sont ambitieux.

Comme l’a noté le chef de l’Etat, seuls un niveau universitaire élevé permettra de renforcer la position de l’Ouzbékistan au sein de la communauté internationale. Ainsi, les innovations de l’esprit, les innovations de la pensée et de la connaissance sont à la base de toutes nos réalisations.

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