DE L’OMBRE À LA LUMIÈRE

Les forts qu’Adolphe Thiers avaient fait édifier autour de Paris avaient une caractéristique particulière : leurs canons étaient pointés non vers l’extérieur, mais vers Paris même. L’homme qui réprima dans le sang la Commune de Paris craignait moins les adversaires étrangers que « l’ennemi de l’intérieur »

Depuis quelques temps, hélas, la France a renoué avec le fantasme du père Adolphe. Mais son ennemi invisible n’est plus la classe populaire parisienne, mais la communauté des français de confession musulmane, devenue le bouc-émissaire d’un pouvoir à la dérive. Les musulmans succèdent ainsi aux catholiques, fustigés par Émile Combes, et aux juifs, raflés par Pétain.

Pourtant, dès aujourd’hui, et pendant ce mois béni du Ramadan, sourds aux hurlements de la haine imbécile, indifférents aux rodomontades de ceux qui se croient quelque chose face à ceux qui ne sont rien, nous allons nous efforcer de regarder chez l’autre, non ce qui nous en sépare, mais ce qui fait qu’il nous ressemble.

Ce mois de Ramadan est celui de la paix retrouvée, de la tolérance, de la bienveillance et de la solidarité. Autour de la même lumière qui nous éclaire, quelle que soit la foi qui nous anime, que nous croyions au ciel ou que nous n’y croyions pas, unissons-nous dans une même fraternité. Elle seule pourra nous mener de l’ombre à la clarté.

Ce monde en a bien besoin…

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