DEPUIS 2 ANS, L’ARMÉNIE FAIT SEMBLANT DE S’INTÉRESSER À LA PAIX

Champ de mines au Haut-Karabakh

Anastasia Lavrina, analyste politique, journaliste

Au cours des derniers mois, la situation dans la région du Caucase du Sud a commencé à changer rapidement. Les grandes puissances, pays d’Asie et d’Europe, expriment leur désir de renforcer et de développer les relations avec l’Azerbaïdjan. La fiabilité de Bakou et son désir de développer un programme de paix dans la région focalisent l’attention.

Effectivement, immédiatement après la fin de la guerre de libération de 44 jours, l’Azerbaïdjan a proposé à l’Arménie de signer un traité de paix. Se cachant derrière un agenda pacifique, l’Arménie a au contraire poursuivi en réalité ses opérations militaires en territoire azerbaïdjanais, à la fois à la frontière et dans la région du Karabakh. L’Arménie n’a toujours pas retiré ses groupes armés illégaux du Karabakh, bien qu’elle ait pris l’engagement de le faire en signant une déclaration tripartite le 10 novembre 2020 avec l’Azerbaïdjan et la Russie. L’Arménie n’a pas fourni de cartes précises des champs de mines et les groupes de sabotage de ce pays ont continué à miner les territoires azerbaïdjanais, entraînant la mort de civils, de journalistes et de militaires.

Malgré cela, l’Azerbaïdjan a continué à s’asseoir à la table des négociations avec l’Arménie. Plusieurs réunions ont eu lieu à Moscou, Sotchi et Bruxelles. La Turquie et l’Azerbaïdjan ont proposé à l’Arménie de travailler à l’amélioration des relations et à l’ouverture des frontières à l’avenir.

Il convient de noter que la politique de l’Union européenne a également radicalement changé. La situation autour de l’Ukraine, la nécessité de rechercher de nouvelles sources d’approvisionnement en ressources énergétiques et de nouvelles voies de communication et de transport avec l’Asie ont obligé l’UE à reconsidérer sa politique étrangère envers l’Azerbaïdjan. Agissant comme l’une des plates-formes majeures pour les négociations, l’UE a soutenu les aspirations de paix de l’Azerbaïdjan et l’idée de débloquer les voies de communication. Lors de la dernière réunion, qui a eu lieu le 31 août, avec la participation du président Ilham Aliyev, du Premier ministre Nikol Pashinyan et du président du Conseil européen Charles Michel, un accord a été conclu pour commencer à travailler sur un accord de paix. Selon le communiqué de presse du président Charles Michel à l’issue de la réunion trilatérale, les parties « sont convenues d’intensifier les travaux de fond pour faire avancer le traité de paix régissant les relations interétatiques entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan et ont chargé les ministres des Affaires étrangères de se réunir d’ici un mois pour travailler sur les projets de textes ».

L’Arménie a réalisé qu’il n’y aura pas de retour en arrière, et qu’il était temps de signer un accord de paix avec l’Azerbaïdjan. Aucune tentative de relance du Groupe de Minsk de l’OSCE n’a été pu aboutir. Cependant, les milieux revanchards de ce pays ne s’y intéressent pas, et afin de perturber l’ensemble des négociations de paix, ils ont engagé une opération militaire à la frontière avec l’Azerbaïdjan, dans la nuit du 12 au 13 septembre. Les divisions des forces armées arméniennes ont organisé une attaque à grande échelle dans les directions Dashkesan, Kalbajar et Lachin, à la frontière d’État azerbaïdjano-arménienne.

Néanmoins, cette fois encore, l’agression militaire arménienne a été neutralisée en un court laps de temps par l’armée azerbaïdjanaise, dans les règles du droit international. Les bases militaires arméniennes qui attaquaient les positions de l’armée azerbaïdjanaise, ont été détruites. À l’heure actuelle, l’armée azerbaïdjanaise contrôle tous les principaux centres de transport et de communication de cette région et est prête à continuer à assurer leur fonctionnement stable. Mais cela a-t-il résolu le problème en général ? Non !

Le problème ne sera résolu que lorsque toutes les formations armées arméniennes se seront retirées du Karabakh, que les frontières officielles seront délimitées et démarquées et qu’un traité de paix sera signé.

Non moins important est le changement d’approche de la communauté mondiale face à la situation dans la région du Caucase du Sud sur la question de l’Arménie. L’attitude de la communauté mondiale n’a pas changé au cours des 3 dernières décennies – le deux poids et deux mesures prévaut. L’Arménie a tenté de violer l’intégrité territoriale de l’État voisin. Des soldats de l’armée azerbaïdjanaise ont perdu la vie, sur leur propre terre, pour défendre leur pays. L’Arménie viole tous les accords et déstabilise l’ensemble de la région, et tente d’empêcher les projets de développement économique, et de construction de voies de communication. L’Azerbaïdjan, au contraire, par tous les moyens, jusqu’au bout et quoi qu’il en soit, essaie de maintenir la paix dans la région. Pourtant, dans leurs déclarations, les responsables politiques de plusieurs pays ne tiennent pas compte de la mauvaise volonté arménienne, et se contentent d’appeler les parties à la paix.

La justice et la loi ne prévaudront dans ce monde que lorsque la communauté mondiale apprendra à appeler les agresseurs et les occupants par leurs noms. Si cela s’était produit quelques années plus tôt, la deuxième guerre du Karabakh aurait pu être évitée. Du fait de l’inaction des structures internationales, l’Arménie est devenue un pays qui ne comprend que le langage de la force. La Turquie a été l’un des premiers pays à évaluer la situation avec raison, et l’a fait savoir. Ainsi, le ministre des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu a écrit sur son compte Twitter : « L’Arménie doit cesser ses provocations et se concentrer sur les négociations de paix et la coopération avec l’Azerbaïdjan ».

Si l’Arménie ne se calme pas, et ne revient pas à la raison, l’Azerbaïdjan est prêt à donner une réponse appropriée. La question est : Une nouvelle guerre serait-elle profitable à l’Arménie, celle-ci est-elle prête pour cela, et la communauté mondiale est-elle prête pour cela ? Si ce n’est pas le cas, et on l’espère, mieux vaut calmer les revanchards et penser à la paix dont tout le monde a besoin.

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