UN NOUVEAU CODE DE L’INDIGÉNAT

Prendre le contrôle de l’Islam semble avoir été depuis des lustres une obsession française.
Durant l’époque coloniale, le gouvernement refusa d’appliquer les lois sur la laïcité aux populations « indigènes ». La laïcité est en effet une valeur républicaine, et les principes de Liberté, d’Égalité et de Fraternité risquaient de ne pas faire bon ménage avec l’occupation coloniale. La suite l’a d’ailleurs prouvé.
Il valait mieux éloigner toute tentation en maintenant les autochtones dans leurs traditions, en en prenant le contrôle, naturellement.
Aujourd’hui, la stratégie est inverse, mais l’objectif est le même : continuer à maintenir les musulmans dans l’état de soumission que l’on cherchait à imposer à leurs pères.

Voilà pourquoi la nouvelle loi « séparatisme » présente tant de similitude avec le « Code de l’indigénat » de sinistre mémoire.

Mais cette fois, décolonisation oblige, c’est la laïcité qui sert de support à l’ostracisme.
Comme le souligne le Professeur Laurence, de l’Université de Boston, dans le journal La Croix, « On désarme spirituellement l’islam en France à un moment peu propice ».
Une offensive anti-cléricale qui s’adresse également, par un ingénieux ricochet, aux autres cultes, et notamment à la puissante communauté chrétienne, dont les valeurs, comme les valeurs de l’Islam, représentent, pour certains dirigeant, un obstacle à l’expansion sans limite du néo-capitalisme.

Comme le virus de la Covid-19, celui de l’islamophobie mute, s’étend, et infecte les politiciens français jusqu’à leurs positions sur la politique internationale, La Turquie, l’Arabie Saoudite, l’Azerbaïdjan sont rangés dans « l’axe du mal », ce concept inspiré de l’étroite pensée manichéenne de Georges W. Bush, qui s’est toujours appuyé sur le mensonge, et continue à le faire.

Depuis quelques mois, le gouvernement français fait passer ses lois sécuritaires au forceps, transgresse les principes de la laïcité en intervenant dans les cultes, abolit les libertés individuelles au nom du bien collectif et de la Raison d’Etat.

Raison ou folie d’Etat ?

Jean-Michel Brun

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