UNE TABLE RONDE SUR LA SITUATION AU KARABAKH

Dans le cadre des événements marquant le premier anniversaire du déclenchement de la deuxième guerre du Karabagh, une table ronde s’est tenue à Paris le 27 septembre sous l’égide de l’Institut Prospective et Sécurité en Europe, et animée par son président, Emmanuel Dupuy.

Autour de l’ambassadeur de la République d’Azerbaïdjan en France, S.E.M. Rahman Mustafayev, et du représentant permanent de l’Azerbaïdjan auprès de l’UNESCO, Elman Abdullayev, un groupe d’experts français, de politologues et de représentants d’ONG actives dans le domaine des conflits internationaux, du déminage et des mesures de confiance se sont penchés sur le développement des relations bilatérales France-Azerbaïdjan.

L’ambassadeur M. Mustafayev a informé les participants de la situation post-conflit dans la région, insistant sur le nouvel ordre régional dans le Caucase du Sud, dont les principaux éléments sont le rôle accru de l’Azerbaïdjan, le dialogue stratégique et la coopération entre la Russie et la Turquie, le mécanisme de la déclaration trilatérale du 10 novembre ainsi que le Groupe de Minsk de l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe).

Le diplomate a mis l’accent sur les principaux points du discours à la nation du président azerbaïdjanais Ilham Aliyev (prononcé le 27 septembre à l’occasion de la Journée nationale de commémoration des victimes de la guerre du Karabagh), disant que le nouvel ordre régional impose également un nouveau champs sémantique : “Le conflit a été résolu et a été relégué dans le passé, tout comme le terme “région du Haut-Karabagh”.

Le statut des anciennes zones de conflit et de leur population, y compris la population arménienne (y vivant), est défini par la Constitution de la République d’Azerbaïdjan », a précisé l’ambassadeur.

En outre, les participants à la table ronde ont reçu une carte de la division administrative de l’Azerbaïdjan, montrant les frontières de Choucha, Khodjaly, Khodjavend et d’autres régions de la république.

M. Mustafayev a détaillé aux participants de la table ronde les principales tâches de la période post-conflit – déminage des territoires libérés, clarification du sort de près de 4000 citoyens azerbaïdjanais portés disparus (pendant la première guerre du Karabagh), reconstruction des territoires libérés, conclusion d’un traité de paix entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie.

Il est prévu qu’une délégation, menée par Yves Marek, Secrétaire Général de la commission nationale pour l’élimination des mines anti-personnel se rende à la mi-octobre en Azerbaïdjan. Une participation de 500 000 euros a d’ailleurs été octroyée par la France aux opérations de déminage des anciens territoires occupés.Interrogé sur le rôle du Groupe de Minsk de l’OSCE, le diplomate a fait remarquer qu’il dépendrait de la capacité de ce groupe et de ses co-présidents à s’adapter aux nouvelles réalités régionales.

De son côté, E. Abdullayev a évoqué les relations entre l’Azerbaïdjan et l’UNESCO, notamment dans le cadre des efforts déployés visant à organiser une mission d’experts de l’UNESCO en Azerbaïdjan pour évaluer les dommages causés par les forces armées arméniennes au patrimoine culturel de l’Azerbaïdjan pendant l’occupation à termes de ses territoires. Cette mission sera également en mesure de constater l’avancée des travaux de réhabilitation des sites endommagés, notamment à Choucha où des mosquées, des monuments historiques, des mausolées, des maisons-musées ainsi que l’église de Kazanchi sont en cours de restauration.

Il a d’ailleurs été regretté que la France, par ses positions politique, ait préféré se tenir éloigné des programmes de reconstruction auxquels participent désormais, aux côtes des Azerbaïdjanais, la Chine, le Japon, la Turquie, le Royaume Uni, l’Italie, entre autres.La France est également la grande absente de la coopération militaire.

Les panélistes se sont étonnés des critiques portées par le gouvernement français sur les liens entre l’Azerbaïdjan et la Turquie ou Israël, alors qu’il s’agit d’un choix français de ne pas être présents sur ce marché.

Il est clair que l’influence de la diaspora arménienne en France n’est pas étrangère aux positions française, et que les quelques 4 000 azéris français pèsent de peu de poids face à cette communauté de plusieurs centaines de milliers de membres.

Toujours est-il qu’en laissant les considérations électorales et les rivalités personnelles, notamment entre les président Macron et Edogan, l’emporter sur les intérêts communs, la France se prive d’être un acteur majeur dans une région en plein essor et stratégiquement clé. Il paraît donc essentiel de rétablir un dialogue, notamment en encourageant des délégations de politiciens et d’industriels français à se rendre en Azerbaïdjan.

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