QUE VOUS ARRIVE-T-IL, MONSIEUR DARMANIN ?

Séparatisme islamique : que vous arrive-t-il Monsieur Darmamin?

Par Jean-Michel Brun


On n’y comprend plus rien. Et ceux qui ont soutenu Emmanuel Macron, milité dans son mouvement, doivent y perdre leur latin.

En 2019, les violences contre les personnes sont augmenté de 8%, la moitié étant des violences intrafamiliales. Les violences sexuelles ont bondi de 18.%.

Il y a eu plus de 1million et demi de vols et cambriolages divers, et 970 homicides. Le trafic de drogue explose, les abords du périphérique parisien sont devenus une “colline du crack”, et la police est accusée de violences et de discriminations.

Et quelle est la priorité du nouveau ministre de l’intérieur ?

Le « séparatisme islamique » !

“La République est un bloc et la laïcité en est son ciment indispensable. En République, la liberté de conscience et de croyance doit être ardemment défendue, mais jamais la foi ne doit être au-dessus de la loi. Nous devons être intraitables avec ce que le président de la République a qualifié de séparatisme. Nous devons combattre de toutes nos forces l’islamisme politique qui attaque la République.”

Mettons un instant de côté l’aspect fantasmatique de cette notion, et mettons-nous à la place du public. Comment s’étonner qu’il ne nourrisse pas un sentiment de peur vis-à-vis des musulmans auxquels le ministre de l’intérieur lui-même prête implicitement des visées communautaristes et séparatistes ? Et puis qu’est-ce que cela veut dire ?

Parler du séparatisme islamique, c’est appliquer aux 7 millions de musulmans français les dérives d’une minorité d’activistes qui, pour la plupart, ne savent même pas ce que c’est que l’Islam. La finance juive hier, l’islam politique hier, mais pourquoi la France a-t-elle toujours besoin de s’inventer des « ennemis de l’intérieur » ? Déjà Adolphe Thiers pointait les canons de ses forts vers l’intérieur de Paris…

La foi au-dessus de la loi ? Mais qui dit cela ? Et, si le respect de la République était véritablement la raison de ce discours, comment expliquer que, lorsque le responsable de la principale organisation musulmane du monde vient expliquer, à Paris, en septembre 2019, en présence des responsables des autres religions, que « le devoir de tout musulman est de respecter les lois de son pays », pourquoi le Président de la République boycotte-t-il la conférence et n’envoie aucun membre du gouvernement ?

Le musulman, bouc émissaire d’un Etat incapable de juguler la violence, former sa police, éduquer ses enfants et leur transmettre des valeurs ?

On est bien loin des promesses que le candidat Emmanuel Macron formulait lors de sa campagne :
« Certains… prétendent que la France serait une identité figée, fermée, repliée sur un âge d’or fantasmé. Dans notre pays, chacun est libre et doit rester libre de croire ou de ne pas croire. Chacun est libre de pratiquer ou non une religion, avec le niveau d’intensité qu’il désire en son for intérieur. La laïcité est une liberté avant d’être un interdit. Elle est faite pour permettre à chacun de s’intégrer dans la vie commune et non pour mener une bataille contre telle ou telle religion en particulier, encore moins pour montrer du doigt. Elle est un socle et non une chape de plomb.
Comment peut-on demander à nos concitoyens de croire en la République si certains se servent de l’un de nos principes fondateurs, la laïcité pour leur dire qu’ils n’y ont pas leur place ? » (Emmanuel Macron, Révolution, pp. 171-172)

Relisez ces phrases, Monsieur le Ministre. Car vous n’y êtes pas. Ce n’est pas en stigmatisant une fois de plus les musulmans, qui sont présents, au quotidien, pour servir la Nation dans les hôpitaux, dans les administrations, dans les associations, que vous construirez une France forte et unie.

Monsieur le Ministre, il va falloir vous y faire : les musulmans sont là, ce sont français à part entière, ils aiment la France, la servent avec fidélité, et sont aussi bons citoyens que vous. Alors, au lieu d’allumer des braises, travaillons ensemble. La crise que nous venons de traverser est loin d’être achevée, et nous avons besoin de nous serrer les coudes pour nous reconstruire… ensemble !

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