QUE LA RAISON L’EMPORTE…

Photos Guillaume from Paris, France, CC BY 2.0 via Wikimedia Commons & Jean-Michel Brun © Paris, 2019

Par Jean-Michel Brun.

Hassen Chalghoumi, Président de la Conférence des Imams de France vient de porter plainte contre le Président de la Fondation de l’Islam de France, l’islamologue Ghaleb Bencheikh, pour des propos jugés « outrageants et méprisants. ». L’annonce a immédiatement fait grand bruit, aboutissant à la multiplication, par l’un et l’autre camps, de nombreuses déclarations et pétitions. « Musulmans en France » a pour vocation de donner la parole aux musulmans de toutes opinions, dès lors que celles-ci se conforment aux fondements de la bienséance, le respect mutuel et la promotion de la paix en tête.  Ces règles régissent, sans équivoque, la conduite de ces deux personnalités, même si leurs approches s’opposent parfois, de la même façon qu’elles diffèrent de celles de bien d’autres penseurs et acteurs de l’islam en France. Dans notre société, la pluralité des orientations et la divergence des opinions participent au débat démocratique et font vivre sa flamme, à la condition que celles-ci s’opèrent selon le principe élégant de « l’éthique du désaccord », sous-entendu, qu’elles ne conduisent ni à l’hostilité, ni à la dissension. 

Nous connaissons bien Ghaleb Bencheikh, c’est une figure publique bien connue. Il est droit, intègre et courageux. Des qualités partagées, sans l’ombre d’un doute, à part égales par l’Imam de Drancy.

Il est vain de rappeler ici que le rôle du journaliste n’est pas de livrer ses sentiments, cependant, au regard de la gravité des faits, nous nous permettons de faire ici une exception. Il ne fait aucun doute, bien que ses propos laissent entendre le contraire, que Ghaleb Bencheikh ne cherchait pas à outrager Hassen Chalghoumi. Son éducation et son respect pour tout un chacun plaide en sa faveur. Or un homme a été blessé, par inadvertance, dans son amour propre et il est parfaitement dans son droit de demander réparation. La voie de la justice est certes noble, mais pour autant, apportera-elle toute la réparation sollicitée ? Elle se bornera à faire ce qu’elle sait faire, sans jamais faire taire la rancœur ni éponger la dette morale. Aussi, au lieu de se prêter en spectacle et consommer, sans espoir de retour, la rupture, ne faudrait-il pas considérer d’autres moyens plus sains et d’autres voies plus sûres ?

Ce dont les musulmans de France ont grand besoin, c’est d’être rassurés. Réconfortés de voir unis ceux qui sont en position de les représenter, au-delà de leurs différences, avec la volonté ferme de défendre leurs intérêts et à lutter, à leurs côtés, contre les discriminations dont ils sont sans discontinu l’objet. Ceux qui sont censés représenter les musulmans de France doivent investir leur énergie, leurs moyens et leurs compétences dans la diffusion des véritables valeurs de l’islam : la fraternité, l’égalité, l’inclusivité et la paix.  Des valeurs que les musulmans souffrent de voir caricaturées, « travesties par des gueux pour exciter des sots », selon l’expression de Rudyard Kipling.

Loin de nous l’idée d’en douter, mais nous formons le vœu que la voix de la raison l’emporte, que la fraternité triomphe, et que tous ensemble, chacun à son modeste niveau, nous contribuions à renforcer notre unité et notre fraternité.

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