MOURIR, C’EST LA VIE !

Par Faouzia Ghorab

Ne fuyez pas, surtout. Il ne s’agit ni d’un requiem pour dame la mort, ni d’une narration d’outre-tombe, mais plus prosaïquement d’un plaidoyer pour la vie.

Nous voilà de nouveau face à un dilemme vieux comme le monde : une philosophie du déchirement et de l’errance, face à une culture du devoir et de l’arrachement.

Nous voilà de nouveau face à un dilemme vieux comme le monde : une philosophie du déchirement et de l’errance, face à une culture du devoir et de l’arrachement. On y est, se disent certains. On vit une radicalisation de la France, un totalitarisme rampant… C’est ma foi vraie ai-je pensé… On ne serre plus la main, on fait encore moins la bise. On interdit l’alcool, les sorties après une certaine heure, le corps à corps dans les boîtes de nuit, les repas au restaurant entre amis. Et toutes les femmes se couvrent désormais le visage, et comble de l’ironie, les hommes aussi !

Durant des mois des nantis bien lotis se sont plaint sur tous les plateaux, et à tous les micros de ne plus pouvoir aller au resto. Je peux comprendre et partager avec certains cette inquiétude, car le repas est un moment important de convivialité, dans toutes les cultures et sous tous les cieux. On échange, on débat, on questionne, on informe, peut-être même certaines idées révolutionnaires ont-elles germé sur le bord d’une de ces tables du fin fond d’un vieux café…

Pendant longtemps on a considéré que les seuls emplois en danger étaient ceux des restaurateurs, des plagistes, des gérants de boîtes de nuit et autres évènements festifs. Si le sacro-saint mot devant lequel nous sommes sommés en France de nous prosterner est le verbe « raisonner », et bien raisonnons.

Le train dans lequel nous sommes embarqués est lancé à vive allure et ladite raison nous dit qu’il est difficile de sauter d’un train en marche d’autant plus lorsqu’il semble s’être littéralement dévoyé.

Le train mal-nommé de la « modernité »

Tout le monde veut prendre ce train mal-nommé de la « modernité ». L’Afrique et l’Orient singent le vieux continent, et l’Europe singe le dit, nouveau continent. Et ainsi, tout le monde a le sentiment d’avoir un wagon de retard sur qui, sur quoi l’histoire le déterminera…

Obsédés par une culture des moyens sans se soucier des finalités, certaines cultures centro-centrées sur la « sacralité » du droit à réaliser tous ses désirs, et la condamnation et le combat de tout ce qui ressemble de près ou de loin à un devoir moral, en oublient de regarder l’horizon indépassable de leur propre finitude.

Le vivant ne se définit pas par sa façon de penser et encore moins de parler, mais par sa manière de vivre et sa capacité à aimer. Aussi, les valeurs du croyant sont-elles indépendantes des discours aussi grandiloquents soient-ils, et des opinions aussi éclairées soient-elles. Ses valeurs absolues sont sa boussole, son garde-fou. Mais nous dit-on, ni la vérité, ni le sacré ou l’inviolable (au sens propre et figuré !) ne sont de ce monde.

Dieu décrète qu’une chose est et elle est. Mais il ne suffit pas à l’homme de décréter par la force de son petit esprit qu’une chose ne soit plus, pour qu’elle disparaisse à jamais.

Dieu n’est pas absent de ce monde[1]. Et il ne suffit pas de décréter qu’Il n’existe pas pour le faire in-exister.
Certainement Dieu a la Miséricorde et la Grâce immense. Il est le Guide, l’Orient et l’Occident, la Fin et le Commencent, sans avoir ni fin ni commencement. Quant aux signes de Dieu, ils se verbalisent difficilement, ils se vivent plutôt, se sentent, se méditent, se chantent, se louent, et se proclament en psalmodie ou en poésie.

Un philosophe patenté s’offusquait sur un plateau télé de l’incrédulité de certains français face au vaccin et à la parole des médecins : « Certains Français ne croient plus en rien ! » proclame-t-il indigné. Ce n’est rien de le dire quand lui-même revendique auprès de qui veut l’écouter qu’il est un athée accompli, un nihiliste convaincu !

Chassant Dieu de nos cœurs et de nos vies, de notre environnement même, au point de ne pas supporter de croiser serait-ce une femme « enfoulardée », nous avons édifié une société sans âme et sans devenir où la traque farouche de tout ce qui rappelle la transcendance et le divin est lancée. On organise de vraies battues dans tous les espaces même dans celui en principe dépolitisé de l’école où l’on ne jure plus, entre autres choses, que par la pédagogie de projet et par son fondateur pragmatiste matérialiste, ennemi de la transcendance, John Dewey.

Transformés en citoyens managers ou chefs de chantier il y a autant de projets de vie qu’il y a d’individus. Le chaos est-il en marche accélérée ?

Dilemme vieux comme le monde.

Dilemme vieux comme le monde avais-je dit : Celui qui sait et possède a le pouvoir — Celui qui tue un seul homme sans raison juste c’est comme s’il avait tué toute l’humanité… Le cœur du croyant est pris d’angoisse et de tremblement. Il s’affole, il est préférable de mourir plutôt que de causer la mort d’un seul innocent…

Il n’est pas question d’aborder le débat du « vaccin » sur le plan médical mais d’abord et avant tout, sur le plan humain et moral. Un vaccin à base d’embryon humain, et modificateur de génome, est-il éthiquement acceptable ? Et que l’on ne vienne pas un jour nous pondre une fatwa chargée de nous convaincre du contraire….

De même qu’il ne suffit pas de décréter que Dieu n’existe pas pour le faire in exister. De même, ce n’est pas parce que l’on arrive à prouver de manière rationnelle l’existence de Dieu qu’il se met alors à exister. Dieu Est, et il est le seul à Etre, éternellement et sans condition ni causale, ni logique. Etre prêt à vivre quand on sait que naître est déjà une condamnation à mort, est un projet vaste et ambitieux, le travail de toute une vie.

Le réceptacle des désirs de jouissance, de puissance et d’ambition est un puit sans fond, une allée sans issue, dont la locomotive est le « moi » et le « je ». Ceci n’est pas sans me rappeler une parole prononcée par nos anciens qui à chaque fois que dans une phrase ils avaient l’outrecuidance de prononcer le mot « je » s’empressaient –comme s’ils avaient tenté le diable en lui offrant une porte d’entrée– de faire suivre leur propos par l’expression suivante : a’udhu billah min kalimat anna, ce qui signifie en substance, « je me protège auprès de Dieu de l’expression du « moi, je ».

Le monde visible est un monde contre lequel bute notre regard. Il ne s’agit pas de dire que le monde sensible est notre enfer. Mais Il n’est pas non plus un paradis. Il est notre lieu de vie et de ressources par la grâce de Dieu. Il est le lieu de la Communauté, de l’échange, de la bienveillance, de l’affection, du travail créatif qui rend la vie des hommes plus facile et plus heureuse, de l’amour, de l’entraide, de la charité et du pardon. N’est-ce pas suffisant ?

Rendre beau ce qui est laid.

Jusqu’à il y a une époque pas très lointaine, l’expression voulait que « l’on ne prête qu’aux riches ». Les riches consommateurs ne représentant qu’une infime partie de la population, le crédit à la consommation et autres formes de crédit, sont venus invalider et faire voler en éclat ce vieil adage démodé dans le cadre d’un capitalisme de marché sauvage et débridé qui fait feu de tout bois.

Le capitalisme et l’économie de marché n’ont cessé de vanter les mérites du crédit. Certes, Le crédit n’est pas le diable en soi, ni même l’alcool ou le porc.

Ne suivez pas, nous dit le Saint Coran, les pas du diable sur un territoire qu’il marque en restant tapis dans l’ombre sans jamais se dresser ; car s’il se montrait tel qu’il est, il nous ferait irrémédiablement fuir. Il est un spécialiste de l’embellissement et du camouflage. Toutes ses « facilitations » de la vie sont la boîte de pandore qui en s’ouvrant a laissé s’échapper le mauvais génie… On frotte la lampe et le génie du crédit réalise tous nos vœux par magie. On frotte la lampe et le génie du vaccin permet de retrouver sa vie d’avant comme par enchantement.

Selon un énième article de loi favorisant la marche de notre république, un rapport sexuel entre un adulte et une adolescente de 15 ans, ce n’est pas un crime mais de l’amour volontaire et consenti.

Une femme qui avorte par confort, c’est son droit le plus strict au libre usage de son corps.

Un pays riche qui détruit un pays pauvre c’est la démocratie libératrice en MARCHE.

Insulter ce qui est sacré c’est le summum de l’expression libre intelligente et assumée.

Obliger des femmes à se dévoiler sous peine de les déscolariser c’est de l’émancipation éclairée.

Avoir deux papas et deux mamans c’est une chance, et même un signe de progrès.

Une femme condamnée à travailler 8 heures par jour correspond à l’image idéale de la femme libérée.Avoir 4 maitresses tout en ayant interdiction formelle de les épouser c’est le privilège d’une constitution républicaine égalitaire et décomplexée.

Savoir bien parler, tchatter, Twitter…, est la garantie de la réussite et d’une popularité assurées.

Ériger les choix d’une poignée d’individus en lois et en principe et vouloir les imposer à toute l’humanité, ce n’est pas de la dictature, mais de la philanthropie assumée.

On aura compris qu’il n’est nulle part question de rivaliser sur le terrain des prix Nobel de physique ou de la médaille Fields.

Comble de l’ironie pour toutes ces féministes aguerries, la première et dernière femme à avoir été récompensée de cette prestigieuse médaille Fields est citoyenne de l’unique république islamique : l’Iran.

Ceux que Gaston Berger appelait les déserteurs de la transcendance partisans du tout ici et maintenant,semblent mener la danse, et tenir le haut du pavé… Peut-être cette crise est-elle l’occasion de faire entendre d’autres vérités certes impopulaires mais qui n’en sont pas moins des vérités qui sont partagées par des milliards d’homme depuis l’aube aurorale de notre humanité, au risque de froisser les esprits encore convaincus que l’on a « découvert l’eau chaude » seulement depuis l’Antiquité grecque.

Les vérités de l’islam ne sont pas des vérités nouvelles. Elles sont vieilles comme le monde : écrites, chantées, scandées par tout homme habité par Dieu.

L’islam s’inscrit dans cette tradition plusieurs fois millénaire de l’unité et de la Tradition primordiale. Aussi en islam tout n’est que Rappel. Rappel de l’homme à ce qui le fait VIVRE et GRANDIR. Et ce qui le fait vivre n’est généré ni par la PEUR ni par la TRISTESSE ; deux cordes utilisées aujourd’hui jusqu’à l’usure pour infléchir les choix et les engagements.

Peur et tristesse, deux états qui devraient pourtant être combattus et bannis d’un pays où le rationalisme marque justement le début de de l’émancipation et de la modernité. Nous risquons tous de mourir si nous ne plions pas à l’injonction de l’injection miraculeuse, alors que l’eau miraculeuse de Lourde est désertée parce que les miracles c’est pas du pragmatique, c’est pas du concret, c’est pour les crédules dégénérés, ou au mieux c’est démodé !

Société des syllogismes fallacieux et des causalités tendancieuses

Société des syllogismes fallacieux et des causalités tendancieuses, qui remontant de causes en causes, va jusqu’à transformer Dieu en simple cause première parmi une chaîne de causalité déterminées par sa petite personne. La peur n’est pas seulement mauvaise conseillère, elle est l’ennemi même de la raison et de la foi.

Honni et banni par ses « pères » et par une autorité usurpatrice, le prédicateur d’un pays arabe comme l’Occident les aime, s’interrogeait durant une violente période de crise sur le fait qu’une poignée de riches et de privilégiés du pays avaient décidé en toute hâte de bâtir des bunkers dans les sous-sols de leurs maisons et d’y stocker toute l’eau et les provisions nécessaires à leur survie en cas « d’apocalypse » Imaginez le scénario dit-il : des hommes sortant de leurs bunkers et découvrant, un pays recouvert d’une épaisse cendre noire, enveloppé d’une horrible fumée noire à l’odeur de corps calcinés, des infrastructures anéanties, une végétation consumée, des espèces animales anéanties… mettant la table pour se restaurer ! Un supplément de vie en guise de supplément d’âme ?

Le retour vers l’essentiel

L’homme veut et doit VIVRE. C’est la raison de son existence IL est créé pour cela et non pour SUR-vivre comme si la survie était un surplus de vie que l’homme s’octroie à l’insu de ceux qui veulent le faire mourir. Société du logos ou les mots deviennent magico-mystiques après que l’on ait désacralisé ce qui l’est aux yeux de Dieu. VIVRE n’est ni un mot ni un concept. Il est avant tout un VERBE, une POSTURE, une ACTION

Le mort n’est pas celui qui « a fait son temps » dans un monde organisé et ordonné par l’homme. Le croyant ne prétend pas être un chevalier sans peur et sans reproche mais vivant une vie dont la mort fait partie….

Ni héros, ni salaud, le musulman lambda parfois inconscient parfois sur un chemin d’éveil et de conscience, tente, épreuve après épreuve de trouver le chemin de l’homme éveillé en se débarrassant des casseroles qui le ralentissent, tout en priant Dieu de vivre l’instant de la mort avec sérénité comme il a tenté de vivre tous les instants de la vie avec droiture et sobriété.

Béni soit celui qui –pour paraphraser Le livre des morts – « n’a jamais fait pleurer ni causé de souffrance à personne ».

Revenir à la Tradition primordiale ne signifie en rien retourner en arrière ou régresser mais REMONTER A LA SOURCE, à son point de jaillissement, son point de pureté, son lieu de pleine force et de pleine puissance. La source de jaillissement du christianisme est le « christianisme palestinien », celui de jésus et de ses apôtres, le christianisme d’Ésaïe et d’Ézéchiel, le christianisme du Tawhid qui professe la Grandeur et Transcendance de Dieu, Sa Toute-puissance dans les cieux comme sur la terre. Les papes et autres prêtres modernistes qui dansent non pas avec les loups mais avec le diable trahissent non seulement le message de Jésus mais également celui de tous les prophètes hébraïques.

L’Éternel est mon berger je ne manquerai de rien
Il me fait reposer dans de verts pâturages, il me dirige près des eaux paisibles
Il restaure mon âme, il me conduit dans le sentier de la justice à cause de Son Nom
Quand je marche dans la vallée de l’ombre de la mort je ne crains aucun mal car Tu es avec moi, Ta houlette et Ton bâton me rassurent
Tu dresses devant moi une table en face de mes adversaires, Tu oins d’huile ma tête, et ma coupe déborde
Oui, le bonheur et la Grâce m’accompagnent tous les jours de ma VIE, et j’habiterai dans la maison de l’Eternel jusqu’à la fin de mes jours.”

Psaume 23 / Bible hébraïque
Dominus pascit
Amen

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PAÏNA PULZ