LE « POÈTE » QATARI AL-DHEEB, CHANTRE DE L’HOMOPHOBIE, DEMANDE L’ASILE EN AUTRICHE

Dans le monde arabe, la question LGBTQI est peut être encore plus sensible qu’ailleurs sur la planète. La région n’est pas connue pour sa tolérance mais s’acharner sur les minorités éloigne un peu plus encore ces pays des standards internationaux. La Coupe du Monde au Qatar en décembre dernier a été l’occasion pour certains de dénoncer une soi-disant homophobie institutionnalisée, alors que comme dans beaucoup de pays, les choses se passent au fond pourvu qu’elles restent discrètes. La question de la reconnaissance sociale est bien sûr encore hélas en dehors de tout entendement et il faudra encore beaucoup de temps pour qu’elle soit acceptée. Mais il y a un juste milieu entre laisser faire et traquer ou s’attaquer à la cause.

En effet, lorsqu’il s’agit d’hommes un tant célèbres qui prennent fait et cause contre la question de genre pour faire du prosélytisme agressif et violent, et qui ont de l’influence médiatique, cela peut vite devenir un problème, y compris pour leurs propres pays. Or, c’est le cas du poète qatari Mohahmed Rashid Hassan Al-Ajami (Ibn Al-Dheeb) qui mène une croisade anti-homosexuelle, et qui a déjà été expulsé récemment d’Allemagne pour son radicalisme, en sont le parfait exemples. Le voilà aujourd’hui en quête d’un nouveau refuge à Vienne.Possédant plusieurs comptes sur les réseaux sociaux avec de nombreux abonnés, ses publications atteignent jusqu’à 600 000 téléspectateurs dans divers pays.
En outre, il a de nombreuses vues sur d’autres plateformes médiatiques telles que YouTube et Instagram. De plus, il est connu pour avoir une influence sur les disciples qui aiment sa poésie, en particulier au Koweït, au Qatar et en Arabie Saoudite.
Ibn Al-Dheeb profite de son contenu sur les réseaux sociaux pour inciter ses partisans à diffuser des discours de haine contre la communauté LGBTQ et incite à la violence. Par exemple, en mai 2022, il avait médiatisé dans le monde arabe le fait qu’Idrissa Gana Gueye, le joueur du Paris Saint-Germain, avait été convoqué par la direction de l’équipe pour absence à un match alors qu’il avait refusé de porter un t-shirt avec le logo LGBTQ. Le poète avait crié au scandale. Après cela, il avait même apporté son soutien public à Idrissa et en a rajouté une couche contre la communauté LGBTQ. Via les réseaux, il avait même incité tous ses collègues poètes, influenceurs médiatiques et tous ceux qui ont une conscience – comme il le prétend – à soutenir la position des joueurs contre les LGBTQ.
Pire encore, comme quoi la poésie est une parfaite tenue de camouflage pour lui, il soutient le terrorisme et les djihadistes à travers ses comptes de réseaux sociaux en diffusant des vidéos de lui récitant de la poésie encourageant la violence et soutenant les groupes djihadistes qui ont manifestement mené des opérations militaires pour des raisons religieuses et qui ont fait le plus grand nombre de victimes.

En janvier 2020, le chef des Gardiens de la révolution islamique, la Force Quds, et le responsable des opérations militaires iraniennes au Moyen-Orient, Qassem Soleimani, avait été pris pour cible par les forces américaines à Bagdad. Après l’assassinat de Qassem Soleimani, Ibn Al-Dheeb avait publié une vidéo sur les réseaux sociaux prenant la défense de Soleimani après sa mort. En outre, il avait décrit Soleimani comme un homme courageux, en oubliant sciemment de dire qu’il avait aussi causé la mort de nombreux membres des forces américaines et britanniques en menant des attaques terroristes au Moyen-Orient. Il soutient publiquement un autre terroriste : Juhayman Al-Otaibi. Citoyen saoudien, il avait pris d’assaut en 1979 la Grande Mosquée de la Mecque et également pris des fidèles en otages en en tuant même certains, jusqu’à ce qu’ils soient libérés par les forces saoudiennes et françaises. Juhayman Al-Otaibi avait été arrêté et poursuivi par les forces saoudiennes et françaises.

Avec un tel pédigrée, pas sûr que Vienne soit séduite par son travail, son art, et ses discours et lui donne l’asile qu’il cherche tant.

Jean-Marie Kamala

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