INTERVIEW EXCLUSIVE DE M. MUBARIZ GURBANLI, MINISTRE DES CULTES DE LA RÉPUBLIQUE D’AZERBAÏDJAN

Bakou. Photo de Maya Baghirova

Musulmans en France : Monsieur le Ministre, comme vous le savez, les musulmans français sont victimes d’une ambiance fortement islamophobe qui se traduit par des campagnes de presse délétères et des projets de lois discriminatoires. C’est aussi dans ce contexte qu’est abordée, par les
medias et certains politiques, le conflit entre l’Arménie et l’Azerbaidjan. La première, chrétienne étant forcément tolérante, et la deuxième, musulmane, étant, par définition, fermée aux autres cultures.

Pourtant, lorsque l’on regarde les missions qui sont les vôtres en tant que Ministre des affaires religieuses, on peut lire :
” Garantir la liberté religieuse, promouvoir le dialogue inter-religieux, apporter une aide matérielle aux associations à caractère religieux “

Existe-t-il, en Azerbaidjan, une véritable pluralité religieuse ?

Mubariz Gurbanli, Ministre des cultes de la république d’Azerbaïdjan

Mubariz Gurbanli : L’Azerbaïdjan, situé au carrefour de l’Europe et de l’Asie, sur l’historique Route de la Soie, est un État laïc où musulmans, chrétiens et juifs ont vécu et prospéré pendant des siècles dans la paix et la tranquillité les uns avec les autres. C’est pourquoi l’Azerbaïdjan a une tradition de respect et de tolérance à l’égard des différentes cultures et religions.

Les diverses communautés religieuses jouent un rôle actif dans le développement de notre pays

Comme on le sait, la tolérance religieuse est un facteur important du développement de l’État et de la société. L’Azerbaïdjan étant une société historiquement riche en traditions multiculturelles et tolérantes, l’Etat poursuit une politique de renforcement de ces traditions.
Les communautés non-musulmanes, chrétiennes, juives, bahá’íes et autres font partie intégrante de notre société. Ces communautés jouent un rôle actif dans la vie de notre pays. Leurs églises, synagogues, lieux de culte et monuments sont entièrement protégés par l’État d’Azerbaïdjan.

Cette politique menée par l’Azerbaïdjan est de nature internationale. Ainsi, le processus de Bakou, lancé par l’Azerbaïdjan en 2008, vise à renforcer le dialogue interculturel. Le Processus de Bakou est l’une des plates-formes uniques qui réunissent l’Organisation de la coopération islamique et les États membres du Conseil de l’Europe. Le Forum mondial sur le dialogue interculturel, qui se tient tous les deux ans en Azerbaïdjan, a été reconnu par des résolutions de l’Assemblée générale des Nations Unies comme une plate-forme mondiale clé pour la promotion du dialogue interculturel. En outre, les premiers Jeux européens ont eu lieu en Azerbaïdjan en 2015 et les IVe Jeux de la solidarité islamique en 2017. L’Azerbaïdjan a également accueilli le VIIe Forum mondial de l’Alliance des civilisations des Nations Unies.
Une indication claire de ce qui précède est la tenue à Bakou en 2010 et 2019 de sommets de chefs religieux du venus du monde entier, auxquels ont participé des dirigeants et des représentants des différentes religions et confessions de dizaines de pays ,sur cinq continents, ainsi que des centaines de représentants de haut rang d’organisations internationales représentatives.

Ce n’est pas un hasard si deux dirigeants de l’Église catholique romaine ont choisi d’effectuer des visites officielles en Azerbaïdjan. Lors de leurs visites à Bakou, le Pape Jean-Paul II en 2002 et le Pape François en 2016 ont présenté notre pays comme un exemple de tolérance religieuse.

Musulmans en France : Comment la liberté religieuse est-elle garantie?

Mubariz Gurbanli : La liberté de religion ou de conviction, ainsi que toutes les autres libertés, sont protégées et garanties par l’État. Chacun a le droit de pratiquer, individuellement ou collectivement sa religion, quelle qu’elle soit. Chacun a également ici le droit d’exprimer et de diffuser ses opinions envers la religion..
Il est interdit de faire obstacle à quiconque d’exprimer sa foi, de participer au culte, aux rites et cérémonies religieuses, ou encore de suivre un enseignement religieux.

Synagogue de Quba, Azerbaïdjan

Comme partout ailleurs, la liberté de religion ne peut être limitée que dans des cas spécifiquement prévus par la loi, comme toute autre liberté, par la nécessité de garantir la démocratie, la sécurité publique, l’ordre public, la protection de la santé ou de la moralité, ainsi que la protection des droits et libertés d’autrui.
En outre, toutes les communautés religieuses opérant dans le pays (musulmane, chrétienne, juive, baha’i, Krishna, etc.) reçoivent des fonds du budget de l’État afin de renforcer davantage l’éducation religieuse et de promouvoir les valeurs nationales et spirituelles.
Dans le même temps, le Comité d’État, en tant qu’organe de mise en œuvre de la politique de l’État dans le domaine de la religion, mène périodiquement des activités éducatives, et soutient notamment des projets mis en œuvre par les communautés religieuses elles-mêmes.

Musulmans en France : Quel sens donnez-vous au mot “laïcité”, qui fait partie de votre constitution?

Mubariz Gurbanli : Du point de vue juridique, selon la Constitution de la République d’Azerbaïdjan, notre régime est celui de la séparation de la religion et de l’État. L’Azerbaidjan est une république laïque.

L’Azerbaïdjan est une République laïque, la liberté de conscience est inscrite dans la Constitution


Toutefois, l’État est inséparable de ses citoyens, y compris dans leur dimension religieuse ou convictionnelle. En d’autres termes, l’État participe toujours, avec ses citoyens, à la protection des valeurs nationales et spirituelles , ce qui se traduit notamment par la restauration et la construction de monuments religieux, le soutien à l’organisation de rites et
cérémonies religieuses.

La liberté de conscience est inscrite dans la Constitution de la République d’Azerbaïdjan.

Église catholique de Bakou

Lors de la cérémonie d’investiture, le Président, prête à la fois serment sur la Constitution, qui garantit le principe de laïcité et, en tant que chef d’un pays à majorité musulmane, le Saint Coran, symbole de nos valeurs nationales et spirituelles,

Dans le même temps, le Président ne manque jamais d’adresser ses vœux aux communautés musulmanes, chrétiennes et juives pour les fêtes religieuses importantes – Ramadan, Gurban Bayram, Pâques, ou Rosh Hashanah, et participe également aux cérémonies d’ouverture des monuments religieux. Par ailleurs, le chef de l’État assiste chaque année à une cérémonie iftar avec des chefs de communauté des trois religions pendant le mois sacré du Ramadan, ce qui est rarement observé dans d’autres parties du monde.

En résumé, nous pouvons dire que l’Azerbaidjan a réussi à instaurer l’équilibre idéal entre la laïcité et les valeurs religieuses.

Musulmans en France : Si on s’attache plus précisément au problème arménien, comment les citoyens azerbaidjanais d’origine arménienne sont-ils intégrés ? Participent-ils à la vie de la société, peuvent-ils pratiquer leur culte librement ? Ne sont-ils pas victimes de discriminations ?

Mubariz Gurbanli : Garantir les libertés, les droits de l’homme et du citoyen, et un niveau de vie décent à tous les citoyens, tel l’objectif suprême de l’État. Tous les citoyens azerbaïdjanais, indépendamment de leur religion, leur race ou nationalité, sont égaux devant la loi, y compris,
cela va sans dire, mais cela va mieux en le disant, les citoyens azerbaïdjanais d’origine arménienne.

Nos citoyens d’origine arménienne, comme toutes les minorités ethniques et religieuses présentes dans notre pays vivent en paix et en sécurité, et pratiquent librement leur culte.


Je voudrais faire remarquer que plus de 30 000 Arméniens vivent actuellement en Azerbaïdjan et sont représentés dans tous les domaines de la société.
Ils peuvent également pratiquer librement leur religion. Lors du Sommet mondial des dirigeants religieux à Bakou en 2010, le Catholicos de tous les Arméniens Karekin II lui–même a visité l’église arménienne de Grégoire à Bakou, restaurée par l’État, et n’a pas caché son admiration en regardant les livres conservés dans la bibliothèque.

Nos citoyens d’origine arménienne, comme toutes les minorités ethniques et religieuses présentes dans notre pays vivent en paix et en sécurité, et pratiquent librement leur culte.

Musulmans en France : Est-ce la même chose en Arménie ou dans les territoires azerbaïdjanais revendiqués par les Arméniens?

Mubariz Gurbanli : Hélas non. Il n’y a jamais eu de pression sur les Arméniens en Azerbaïdjan. La preuve en est dans les relations entre les deux pays à l’époque soviétique.
En revanche, la République d’Arménie est un pays mono-ethnique et les Azerbaïdjanais qui y vivent ont été expulsés de leurs foyers à la fin des années 80 et au début des années 90.
Le Haut-Karabakh et les 7 régions environnantes, que vous avez mentionnées et qui sont revendiquées injustement par les Arméniens, sont des terres historiquement azerbaïdjanaises, et reconnues comme telles par droit international.

Comme vous le savez, cette région est sous occupation arménienne depuis environ 30 ans.
Tous les monuments religieux et historiques des territoires récemment libérés seront protégés par l’État.
Je rappellerais toutefois que les églises présente dans la région sont des églises albanaises et n’ont rien à voir avec l’église grégorienne. Or, au XIXe siècle, à l’époque de la Russie tsariste, l’église albanaise a été abolie et donnée au catholicosat arménien. Pourtant, les successeurs historiques et légaux de l’Église albanaise, qui vivent toujours en Azerbaïdjan,
ont pu conserver leur identité à ce jour. Ainsi, nous tenons à souligner, les églises des territoires libérés sont en fait des temples de l’Albanie du Caucase, qui ont été arménianisés ou détruits.

Musulmans en France : Il est dit, dans les medias français, que le patrimoine arménien a été pillé, au fil des années, par les azeris. Après leur défaites, les forces arméniennes ont emporté en Arménie des trésors présents dans les églises arméniennes, dans le but officiel de les protéger.
Qu’en est-il exactement du sort du patrimoine dans le Haut-Karabagh ?

Mubariz Gurbanli : Mais c’est exactement le contraire ! C’est au contraire le patrimoine historique, culturel et religieux de l’Azerbaïdjan dans les
territoires occupés qui a été détruit par les arméniens.

Mosquée délabrée dans le haut Karabagh
Mosquée délabrée de Aghdam, Haut-Karabagh. Photo Maya Baghirova

Ainsi, 67 mosquées, 192 sanctuaires et 144 temples existants ont réduits en ruines. Parmi les mosquées, seule la mosquée Yukhari Govharaga a été à peu près préservée, mais présentée comme une mosquée Perse, afin d’effacer toute référence au patrimoine historique et religieux de l’Azerbaïdjan.

Concernant les monuments chrétiens, rappelons que l’Azerbaïdjan est situé au carrefour de l’Europe et de l’Asie, sur la route historique de la soie, et que le christianisme a commencé à se répandre dans le pays au temps des disciples de Jésus-Christ. Les apôtres Bartholomew et Thaddeus, ainsi que les disciples de Thaddeus, Elisha et Marin, sont arrivés dans l’ancien
État azerbaïdjanais d’Albanie caucasienne, afin de répandre cette religion. Grâce à Elisha, la première église chrétienne du Caucase, connue sous le nom de “Mère des Églises orientales”, a été fondée dans le village de Kish, dans la région du Sheki moderne.
Plus tard, des communautés chrétiennes sont également apparues dans d’autres parties de l’Albanie caucasienne. Ainsi est née l’Église apostolique albanaise. L’Église apostolique albanaise, qui fait partie du groupe des anciennes Églises orientales, est l’une des plus anciennes Églises non seulement du Caucase, mais également de tout le monde chrétien.
En plus des églises albanaises, l’État rénove ou construit régulièrement des églises orthodoxes russes. A titre d’exemple, l’église albanaise du village de Nij à Gabala, la capitale de l’ancienne Albanie Caucase, a été entièrement rénovée et restaurée par la Fondation Heydar Aliyev, et inaugurée le 7 novembre dernier, malgré l’état de guerre.

L’Azerbaïdjan protège l’héritage chrétien non seulement à l’intérieur de ses frontières, mais également à l’étranger.

144 temples situés dans les territoires libérés sont également des églises albanaises caucasiennes, qui ont également été ” arménisées ” ou détruites. Cela peut être facilement vu sur des vidéos et des images publiées sur Internet.
Je tiens à souligner que l’Azerbaïdjan protège l’héritage chrétien non seulement à l’intérieur de ses frontières, mais également à l’étranger. Par exemple, la Fondation Heydar Aliyev a contribué à la restauration de sept églises des Xe et XIIe siècles dans le département français de l’Orne, et contribue à la reconstruction de la Cathédrale Notre-Dame de Paris.

Insistons sur le fait que le patrimoine culturel et historique du Haut-Karabakh appartient à l’Albanie caucasienne. Il fait par conséquent partie du patrimoine historique de l’Azerbaïdjan, et comme d’autres monuments chrétiens protégés, ils seront restaurés et protégés par l’État.
Il convient de noter que le peuple azerbaïdjanais a conservé ce patrimoine pendant la Russie tsariste et pendant l’ère soviétique.
Les objets religieux enlevés par les Arméniens dans les églises du Karabakh sont en fait des œuvres venant de l’Albanie caucasienne (par exemple le monastère de Khudavang ou Dadavang dans le district de Kelbajar). Ces vols sont en réalité une continuation de leur politique de pillage de l’Azerbaïdjan. Les autorités azerbaïdjanaises prendront donc les
mesures juridiques nécessaires au niveau international et l’autre partie devra rendre des comptes.

Musulmans en France : Le conflit du Haut Karabagh s’est conclu par la capitulation des forces arméniennes. Des appels sont lancés en France, à l’inspiration des organisations arménienne, pour que l’aide humanitaire soit exclusivement délivrée au profit des arméniens, qui seraient physiquement menacés après leur défaite.
Quelle va être l’attitude des autorités azerbaidjanaises, et de la population azérie vis-à-vis des arméniens restés dans ces régions. Sont-elles menacées ? Les autorités azeries vont-elles prendre des mesures pour garantir leur liberté et leur protection ?

Mubariz Gurbanli : Depuis que l’Azerbaïdjan a lancé ses opérations de contre-offensive le 27 septembre, un cessez-le-feu a été convenu entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, à trois reprises, et chaque fois le cessez-le-feu a été violé par l’Arménie.
Enfin, une déclaration trilatérale basée sur les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU a été signée le 10 novembre. Le respect des clauses de la déclaration permettra d’évaluer l’engagement de l’Arménie en faveur du processus de paix. Guérir les blessures causées par des décennies de guerre ne sera pas facile et prendra du temps. L’essentiel est d’arrêter
toutes les hostilités et de prendre des mesures pour instaurer la paix dans la région. Nous voulons résoudre ce conflit pacifiquement. Ce n’est qu’en mettant fin à l’occupation des territoires azerbaïdjanais conformément aux résolutions du Conseil de sécurité et en assurant le retour des exilés azerbaïdjanais dans leurs foyers qu’une paix et une sécurité
durables dans la région seront instaurées.

L’Azerbaïdjan fera en sorte que les communautés azerbaïdjanaise et arménienne du Haut-Karabakh vivent ensemble dans la paix, la sécurité et le respect mutuel.


Avec le retour des Azerbaïdjanais autrefois expulsés de la région, l’État garantira tous les droits et libertés, une vie égale et indépendante de nos citoyens d’origine arménienne au Haut-Karabakh, de la même façon que les les lois azerbaïdjanaises garantissent la coexistence des différentes nations et religions dans les autres parties de l’Azerbaïdjan.
Je voudrais souligner que le conflit entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan n’est pas un conflit religieux et n’en a jamais été un. Il s’agit d’un conflit inter-étatique, qui a commencé avec les revendications de l’Arménie sur nos territoires. Présenter cela comme un conflit religieux n’a
aucun sens, car l’Azerbaïdjan est un pays où des adeptes de différentes religions vivent ensemble depuis toujours.

La Constitution azerbaïdjanaise garantit l’égalité des droits et protège les libertés de chaque citoyen, indépendamment de sa nationalité, de sa religion ou de son affiliation politique.
L’Azerbaïdjan est un membre responsable de la communauté internationale, membre de nombreuses organisations internationales et observe les traités et conventions protégeant les droits fondamentaux, les libertés, le patrimoine culturel et religieux. L’avenir du Haut-
Karabakh sera déterminé par le développement de ses ressources économiques, culturelles et humaines. Le Président de l’Azerbaïdjan a annoncé qu’un programme de réhabilitation et de reconstruction des territoires libérés sera préparé. L’Azerbaïdjan fera en sorte
que les communautés azerbaïdjanaise et arménienne du Haut-Karabakh vivent ensemble dans la paix, la sécurité et le respect mutuel.

Musulmans en France : Comment voyez-vous la coexistence religieuse et la coopération interreligieuse en Azerbaïdjan dans les années à venir?

Mubariz Gurbanli : Après le retrait de toutes les forces armées arméniennes des territoires occupés, toutes les personnes d’origine arménienne vivant au Haut-Karabakh y vivront en tant que citoyens à
part entière de l’État azerbaïdjanais.
Le Haut-Karabakh fait partie intégrante de l’Azerbaïdjan. Il restera une partie de l’Azerbaïdjan comme les autres régions. Dans le Caucase du Sud, comme l’a dit le président Ilham Aliyev, nous pouvons créer un nouveau format de coopération entre l’Azerbaïdjan, la Géorgie et l’Arménie, comme ce qui existait à l’époque soviétique. Nous avons eu des relations amicales. Nous avons vécu ensemble. Nous devons retrouver cette harmonie.

Musulmans en France : Qu’aimeriez-vous dire aux politiciens, aux médias et aussi aux responsables religieux français ?

Mubariz Gurbanli : En tant que coprésidente du Groupe de Minsk de l’OSCE, la position de la France doit être objective et impartiale. Elle est pourtant actuellement partiale et partisane. Surtout récemment, la recommandation faite par le Sénat français au gouvernement de reconnaître la soi-disant “République” nous a déçus, et nous la condamnons fermement.
Nous appelons chacun à être juste à l’égard de l’Azerbaïdjan, et à respecter le droit international . Car si l’on respecte la justice et les principes du droit international, on ne peut que soutenir l’Azerbaïdjan.

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