INCENDIE DE LA SYNAGOGUE DE ROUEN, OU COMMENT INSTRUMENTALISER L’IGNOMINIE

Vendredi 17 mai 2024, dans la matinée. Un homme, armée d’un couteau, commence à mettre le feu à la synagogue de Rouen. Une unité de police qui patrouille dans le cadre de la protection des lieux de culte peut intervenir rapidement, et un policier abat le criminel.

Car c’est bien d’un crime qu’il s’agit. S’en prendre à un lieu de culte, quel qu’il soit, n’est rien d’autre que qu’un acte raciste, qu’aucun prétexte ne peut justifier. Pierre Mendès-France disait à ce propos « Le racisme ne se discute pas, il se combat ». Le fait que l’auteur de cet acte imbécile et meurtrier soit d’origine arabe n’enlève rien ni n’ajoute rien à son caractère ignoble.

Les synagogues ne sont pas, hélas, les seules cibles de ces justiciers de leurs propres fantasmes. Les lieux de culte musulmans sont également l’objet d’un nombre croissant d’attentats, tout aussi stupides et criminels que les premiers. Le 13 janvier 2024, par exemple, un homme de 30 ans a tenté d’incendier la mosquée de Morlaix, dans le Finistère. Aussitôt arrêté, il risque 15 ans d’emprisonnement.

Depuis l’an dernier, les actes antisémites et anti-musulmans se multiplient, comme de véritables actes de guerre contre la démocratie. Là où le bât blesse, c’est que la façon dont ont été traitées ces deux affaires est sensiblement différente.

La synagogue de Rouen a immédiatement reçu la visite du ministre de l’intérieur Gerald Darmanin, qui a déclaré : « Nous sommes, au ministère de l’Intérieur, extrêmement déterminés à continuer à protéger l’intégralité, où qu’ils se trouvent, des juifs de France qui doivent pratiquer leur religion sans peur, sans crainte » Ajoutant qu’il s’agissait d’un «acte antisémite qui s’en prend à un lieu sacré pour la République ».

Pour l’attentat de Morlaix en revanche, pas plus qu’à l’occasion des autres agissements islamophobes, pas de déplacement du ministre, pas de déclaration affirmant qu’une mosquée était « un lieu sacré pour la République ».

Et si les événements du 7 octobre 2023 sont évoqués par le gouvernement français, premier ministre en tête, c’est, dans un cas pour réaffirmer son soutien à la communauté juive française, ce qui est bien naturel, et dans l’autre poursuivre pour « apologie du terrorisme » tous ceux qui soutiennent le peuple palestinien contre les crimes génocidaires de Netanyahou, ce qui l’est beaucoup moins.

Ce « deux poids et deux mesures » n’est autre que l’instrumentalisation de l’ignominie, qui est elle-même une infâmie.

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