FUNÉRAILLES DE SHIREEN ABU AKLEH : LA POLICE ISRAÉLIENNE CHARGE LE CERCUEIL

Les images, diffusées dans le monde entier ont choqué, y compris aux Etats-Unis, alliés traditionnels d’Israël.

Des milliers de Palestiniens ont enterré vendredi à Jérusalem Shireen Abu Akleh, l’une de leurs journalistes vedettes tuée au cours d’une opération israélienne en Cisjordanie occupée.

La police israélienne s’est introduite de force dans l’enceinte de l’hôpital Saint-Joseph à Jérusalem-Est, secteur palestinien de la ville occupé et annexé par l’Etat hébreu et a chargé le cortège funèbre.

Reportage d’Euronews

Des images retransmises par des télévisions locales montrent le cercueil de la reporter manquer de tomber au sol alors que des policiers israéliens dispersent la foule. On voit également un policier israélien déclarer, à l’aide d’un mégaphone : « Si vous n’arrêtez pas ces chants nationalistes, nous devrons vous disperser en utilisant la force et nous empêcherons les funérailles d’avoir lieu ».

« De brutales forces spéciales israéliennes attaquent le cortège funèbre de Shireen Abou Akleh sortant de l’hôpital Saint-Joseph », a dénoncé sur Twitter Hanane Achraoui, une ancienne ténor de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).« L’inhumanité d’Israël s’affiche en grand », a-t-elle conclu.

Le cercueil de Shireen Abu Akleh a finalement été transporté vers la Vieille Ville où est célébrée une messe dans une église, avant l’inhumation dans un cimetière à proximité.D’après le Croissant-rouge palestinien, 33 personnes ont été blessées lors des funérailles, dont six ont été hospitalisées. La police israélienne a de son côté fait état de six arrestations.

Des violences policières qui ont choqué le monde

L’Union européenne s’est dite « consternée par le niveau de force inutile exercée par la police israélienne tout au long du cortège funèbre ». « Un comportement aussi disproportionné ne fait qu’alimenter les tensions ».

La Maison Blanche s’est dite « profondément troublée » par les images des obsèques de la journaliste palestinienne qui avait aussi la nationalité américaine. « Nous avons tous vu ces images, elles sont profondément troublantes », a déclaré la porte-parole Jen Psaki. « Nous déplorons l’intrusion dans ce qui aurait dû être une procession dans le calme », a-t-elle ajouté. « Nous avons demandé du respect pour la procession funèbre, les proches de la défunte et la famille dans ce contexte sensible », a poursuivi Mme Psaki, en rendant hommage à la « journaliste remarquable » tuée mercredi. Mais la porte-parole de l’exécutif des Etats-Unis, alliés traditionnels de l’État hébreu, s’est gardée de dénoncer l’usage d’une force disproportionnée par les forces israéliennes lors de ces funérailles.« Quand nous disons qu’elles (ces images) sont troublantes, évidemment nous ne les justifions pas », s’est-elle bornée à dire.

La représentation française à Jérusalem a qualifié de « profondément choquantes » les « violences policières » à l’hôpital Saint-Joseph.

Dans un communiqué, le ministère des affaires étrangères qatari a déclaré : « Les forces d’occupation ne se sont pas contentées de tuer Shireen (…) mais elles ont terrorisé ceux qui l’ont accompagnée vers sa dernière demeure« 

L’assassinat d’une journaliste

C’est dans le camp de réfugiés de Jénine que la journaliste d’Al Jazeera a été tuée d’une balle dans la tête mercredi alors qu’elle couvrait un raid militaire israélien. Elle portait un gilet pare-balles siglé « presse » et un casque de reportage. Les autorisées israéliennes ont tenté de se disculper de cette embarrassante bavure en insinuant que Shireen Abou Akleh, avait « probablement » succombé à un tir palestinien, pour ensuite, après le témoignage sans équivoque du journaliste, bléssé lui aussi, qui se trouvait à ses côtés au moment du tir, affirmer ne pas écarter que la balle ait été tirée par ses soldats.

Le décès de Shireen Abu Akleh a suscité une vague d’émotion dans les Territoires palestiniens, dans le monde arabe où ses reportages ont été suivis pendant plus de deux décennies, en Europe et aux Etats-Unis. Plusieurs appels à une enquête « transparente » ont été lancés.

Les autorités israéliennes réclament que leur soit remise la balle afin de réaliser un examen balistique. Mais le président palestinien Mahmoud Abbas, craignant une manipulation par les services israéliens, a refusé une enquête conjointe avec Israël. « Les autorités israéliennes ont commis ce crime et nous ne leur faisons pas confiance. » a-t-il précisé.

Sur le toit d’un immeuble de la place centrale de Ramallah en Cisjordanie, l’immense panneau publicitaire affiche désormais un portrait de la journaliste, accompagné d’un sobre message : « Au revoir Shireen, au revoir la voix de la Palestine ».

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