OUZBÉKISTAN : MESSAGE DU PRÉSIDENT SHAVKAT MIRZIYOYEV AU PARLEMENT : « LES PRIORITÉS AU NIVEAU NATIONAL ET INTERNATIONAL »

Vendredi 29 janvier 2021, l’Ambassadeur d’Ouzbékistan en France, S.E. M. Sardor Rustambaef donnait une conférence de presse sur « Les priorités au niveau national et international » du pays. Cette intervention faisait suite au message délivré devant le parlement par le président Shavkat Mirziyoyev le 29 décembre 2020.

L’OUZBÉKISTAN FACE À LA PANDÉMIE

L’ambassadeur a d’abord évoqué les mesures prises pour lutter contre la pandémie

Shavkat Mirziyoyev, Président de la République d’Ouzbékistan

« Comme les autres pays du monde, l’Ouzbékistan a du faire face à la pandémie Covid-19. Il a d’abord fallu procéder au retour de plus de 600 000 expatriés, malgré les fermetures de frontières.
Sur la plan intérieur, l’Etat a débloqué l’équivalent de 5 milliards d’euros pour venir en aide aux entreprises et aux citoyens, ainsi que des allègements fiscaux et des prêts garantis.

Dans le cadre du mouvement national « Aide et solidarité », auquel ont participé un grand nombre de nos concitoyens, plus de 800 000 familles à faibles revenus ont reçu une aide matérielle de 80 millions d’euros. Bien sûr, nous sommes loin d’avoir résolu tous les problèmes et répondu à toutes les demandes, et la distribution des aides a parfois connu des dysfonctionnements, mais nous poursuivons nos efforts en ce sens.

Naturellement, notre système de santé a été mis à rude épreuve. mais grâce à la mobilisation de 200 000 travailleurs médicaux et 150 spécialistes étrangers, 30 000 lits ont été créés, et nous pouvons dire que avons pu maîtriser l’épidémie. Aujourd’hui, l’augmentation quotidienne des patients ne dépasse pas 70 personnes. C’est l’un des taux les plus bas au monde. »

UN PLAN DE MODERNISATION

Contrairement au choix fait par d’autres pays, la gestion de la pandémie ne s’est pas accompagnée d’un gel de l’économie. Au contraire, le plan de modernisation de l’économie et de l’administration, initiée en 2016 par le président Mirziyoyev dès son élection, est poursuivi.

« La réforme agraire entamée avant la crise sanitaire, grâce à la forte mobilisation de l’Etat et des acteurs économiques, a permis d’accroître notre production. Nos exportations de fruits et légumes ont augmenté de 10%. L’utilisation de nouvelles technologies nous a permis d’économiser l’eau et l’énergie, et de développer une agriculture plus respectueuse de l’environnement.

Nous avons également poursuivi nos efforts en direction de la jeunesse. L’accès à l’enseignement supérieur, qui était, il y a quatre ans l’un des plus bas du monde, a progressé de 25%. Nous avons ouvert de nouveaux établissements d’enseignement et des succursales de grandes universités étrangères. »

La modernisation du pays passe également par celle du système judiciaire, mis à mal par un lourd héritage historique. Là aussi, la nouvelle équipe arrivée au pouvoir en 2016 va devoir mettre les bouchées doubles.

Sur le plan de la justice, rien qu’en 2020, 719 citoyens ont été acquittés. Cela n’était pas arrivé depuis 4 ans. Il y a encore beaucoup de chemin à faire, mais l’impartialité de nos tribunaux est notre priorité. Depuis 2017, les tribunaux administratifs ont satisfait environ 70% des affaires en faveur des entrepreneurs et des citoyens.

Les résultats des réformes internes ont eu un fort impact sur la reconnaissance de l’Ouzbékistan sur la scène internationale. Pour la première fois dans l’histoire, l’Ouzbékistan été élu membre du Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Le retrait récent de notre pays de la liste des pays «d’observation spéciale» dans le domaine de la liberté religieuse du département d’État américain est l’un des résultats remarquables de nos réformes démocratiques.»

150 INITIATIVES POUR LE FUTUR

Dans son discours devant le parlement, le Président Mirziyoyev a ensuite présenté un nouveau programme de 150 initiatives de réformes pour les années futures, correspondant à un investissement de 2 milliards d’euros. Ces réformes portent principalement sur la protection sociale et la qualité de vie de la population.

La réduction de la pauvreté et la politique de l’emploi font partie des priorité de Tachkent, avec le projet de création de plus de 1 000 centres de formation professionnelle dans l’année, et des subventions importantes pour les créations d’entreprises.
Un vaste programme de construction d’écoles et de jardins d’enfants, de construction et reconstruction de théâtres, de musées, d’institutions culturelles et sportives, de réparation et construction de routes dans les villes et villages doit également être mis en place.

Face à l’accroissement de la demande intérieure d’énergie, un plan de réorientation énergétique sera mis en place, marqué notamment par la suppression du monopole de l’approvisionnement en gaz, et l’ouverture au marché. Enfin, le secteur de l’automobile bénéficiera d’un programme de développement ambitieux

De beaux projets qui risquent de rester lettre morte si l’Etat ne s’attaque pas au problème endémique de la corruption. Le président de la République a promis de mettre en place un programme drastique de transparence et un contrôle plus sévère dans l’utilisation des fonds publics

Ce sont enfin les actions à l’égard de la jeunesse qui permettront à l’Ouzbékistan d’entrer dans une ère nouvelle : plus d’étudiants, plus d’étudiants issus des classes sociales les moins favorisées, plus de doctorants. 2021 sera l’année du soutien à la jeunesse et de la promotion de la santé .

LE DÉSENCLAVEMENT, CLÉ POUR L’AVENIR

Samarcande – photo par LoggaWiggler de Pixabay

L’Ambassadeur a également évoqué le resserrement des relations avec les voisins les plus proches, ainsi que le développement des relations internationales et du tourisme.
L’Ouzbékistan, notamment avec la ville de Samarkande, considérée comme l’un des plus belles villes du monde, avec ses 300 monuments dont la plupart sont inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO, possède une mine de ressources touristiques. Le désenclavement du pays, qui ne possède pas d’ouverture sur la mer, et qui est encore mal desservi (deux liaisons par semaine seulement entre Paris et Tachkent) est l’une des clés du développement de ce jeune pays.

Jean-Michel Brun

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