Par bonheur, l’histoire ne se répète pas… enfin rarement.
On espère tous que la fameuse réplique faite à Louis XVI ne sera pas de nouveau d’actualité. Pourtant, c’est une France à feu et à sang que présente la presse internationale. Les images de la police qui charge et mutile, des « blacks blocks » détruisant et pillant, des voitures en flamme font la une des journaux dans le monde entier.
Lorsque les journalistes étrangers nous croisent sur les événements internationaux, ils nous saluent sur ce ton de commisération qui nous fait sentir que nous sommes au bord du chaos
Certes, ces images sont fortement exagérées. A Marseille, par exemple, montrée comme en état de guerre, seules deux rues, d’ailleurs faciles à maîtriser en raison de leur étroitesse, ont été la cible des « casseurs ». La photo de ces deux personnes âgées à moitié nues a été, pendant plusieurs jours, largement commentées dans les medias français, par des journalistes peu scrupuleux et certains politiciens, comme la preuve de la décadence de notre civilisation, engendrée par une immigration incontrôlée. Ceci avant que l’on s’aperçoive que cette image avait été crée grâce à l’intelligence artificielle, sans d’ailleurs que les commentateurs ne fasse ensuite amende honorable pour leur précipitation.
Alors, pourquoi cette panique organisée ? Pourquoi faire mine de confondre l’action de quelques voyous et les revendications légitimes des lycéens qui n’en peuvent plus de travailler dans des établissements délabrés, ne pas avoir de professeurs, de savoir leur avenir bloqué par l’imbécile « parcours sup », ou l’orientation souvent discriminatoire pratiquée à l’issue de la 3ème ?
Les medias étrangers s’interrogent, peut-être à juste titre : Souhaite-t-on que la « chienlit », comme l’appelait en son temps le Général de Gaulle, s’étende jusqu’à devenir incontrôlable, de manière à ce que le pouvoir en place, au bord de l’implosion, apparaisse comme le dernier recours face à la menace des extrêmes ? C’est possible. C’est pourtant lui qui, en négligeant les plus faibles au profit des plus nantis, en poursuivant la dédiabolisant des thèses racistes du Rassemblement National, en préférant donner la priorité à la stupide question de l’abaya au lieu de se préoccuper de la détérioration de l’enseignement, a ouvert la porte à la violence.
De Gaulle, toujours lui, estimait que les Français étaient des « veaux ». Jusqu’au moment où ils passent sans transition de l’apathie à l’explosion. Ne faisons pas mine d’oublier que notre République est née dans la violence de la Révolution française et de la Terreur. Mais il est tellement pratique de se dédouaner en mettant les événements d’aujourd’hui sur le compte de l’immigration, des musulmans, ou même de l’étranger, alors que les « casseurs » étaient issus de toutes les origines, certains même, bloqués par les manifestants alors qu’ils caillassaient une voiture de pompier, se révélaient être… des policiers déguisés. Une vieille pratique que les plus anciens ont connus lors des révoltes de mai 68.
La France est au bord de connaitre une dictature d’extrême-droite. Il est de la responsabilité de tous de l’en empêcher
En ce moment même se tient à Samarcande, en Ouzbékistan, une conférence intitulée « Investir dans le bien-être des enfants ». L’exemple nous vient une fois de plus de ces pays, d’Asie centrale ou du Caucase, qu’on se plaît ici à dénigrer. Cessons donc de nos replier sur nous-mêmes et cessons d’écouter ces voix qui tentent de nous faire croire que le salut vient de la couleur de peau et de la négation des différences.
Jean-Michel Brun
Musulmans en France L'actualité des musulmanes et musulmans en France