L’AZERBAÏDJAN EN CONCERT À BOBINO

Leyla Abdullayeva - Photo Jean-Michel Brun ©2026

C’était un pari risqué. Choisir Bobino, la mythique salle parisienne qui a vu passer les plus grands artistes français, de Barbara à Piaf en passant par Brassens, Devos et Le Luron, pour un concert commémoratif, il fallait oser.

Et ce fut un pari largement gagné. Devant une salle comble, l’ambassade d’Azerbaïdjan à Paris a livré un concert éblouissant en célébration de la victoire de 2020 et la reconquête de l’intégrité territoriale du pays. Tout cela sous la houlette logistique d’Aytan Muradova, et le patronage de l’ambassadrice, Leyla Abdullayeva, qui fit un discours introductif où l’émotion était certes présente, mais qui donna surtout sa place à la grande vedette de la soirée : la musique.
Certes, celle-ci a souvent servi de symbole, comme celle de Verdi, dont un air de la Traviata « Libiamo ne’ lieti calici » a été chanté en rappel, et qui a été l’emblème de la réunification de la péninsule italienne et du « risorgimento ». Mais elle est aussi capable de transcender la politique, en rassemblant les hommes, en élevant les coeurs et les âmes.

Agharahim Gouliyev – Photo Jean-Michel Brun ©2026

Le choix du programme a été particulièrement judicieux, alternant mélancolie, joie et solennité, bien en phase avec le thème de la soirée, intitulée « Les échos de l’honneur »
Le remarquable orchestre de chambre a été dirigé le chef azerbaïdjanais Ayyub Guliyev, qui a d’ailleurs laissé la baguette à Savitri de Rochefort pour une « Valse caspienne » enjouée de Gara Garayev.

Beaucoup d’oeuvres de compositeurs azerbaïdjanais bien sûr, comme Uzeir Hadjibeyli, Niyazi, Arif malikov, Musa Mirzeyev, Elsa Ibrahimova, Fikret Amirov, Muslim Magomayev et Shahin Musoaghlu, qui était présent dans la salle. Saint Saëns a également été à l’honneur, interprété par l’excellente mezzo-soprano Fidan Hajiyeva.

Fidan Hajiyeva et Ramil Gasimov – Photo Jean-Michel Brun @2026

Le public a également découvert – ou retrouvé – deux artistes époustouflants – le mot n’est pas trop fort – en la personne du flûtiste Agharahim Gouliyev qui nous a livré une Fantaisie brillante sur « Carmen » de Georges Bizet et François Borne d’une qualité et d’une virtuosité qui lui a valu un ban d’applaudissements, et du ténor Ramil Gasimov dont la puissance, la pureté et la précision de la voix le place allègrement aux côtés des stars du lyrique comme Pavarotti, Placido Domingo ou José Carreras. On aimerait d’ailleurs voir plus souvent ces remarquables artistes sur les scènes française. Avis aux intéressés !

Jean-Michel BRUN

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