Une explosion dévaste Beyrouth

La mosquée Mohammed Al Amine de Beyrouth avant l'explosion

Mardi 4 août 2020

Dévastée par la guerre civile de 1975, puis reconstruite, puis détruite à nouveau en 2006 lors du conflit entre Israël et le Hezbollah, puis reconstruite encore, voilà Beyrouth une fois de plus en ruines.  

Beyrouth, ville éternellement martyre, dont le seul crime aura été de se trouver à la croisée des chemins d’affrontements qui la dépassent. Paradis terrestre gênant sur le terrain de conflits absurdes, de rivalités criminelles, de négligences coupables. Ce sont peut-être ces dernières qui sont à l’origine de l’explosion qui a soufflé le port et les quartiers environnants, faisant des milliers de victimes.

Nous pensons à tous les libanais, notamment aux musulmans, dont nous avions pu rencontrer le  Grand Mufti, Cheikh Abdellatif Deriane, lors de sa visite à Paris, en septembre 2019, à l’occasion de la Conférence pour la Paix et la Solidarité.  Le magnifique mosquée Mohammed Al-Amine, au centre de la ville, a subi d’important dommages lors de l’explosion.  

Au début de la guerre civile, juste après ce que l’on appela la « guerre des grands hôtels », je me trouvais sur la Corniche où s’étaient établies de petites boutiques. Une roquette, venant d’on ne sait où, en transperça une sous mes yeux. Le propriétaire, miraculeusement indemne, pleurait son commerce volatilisé, son capital réduit en miettes. « Qu’allez-vous faire, maintenant ? » lui ai-je demandé. Il me fixa, ébahi devant une telle incongruité : « reconstruire, évidemment ! ». Cette force inhérente au peuple libanais, va-t-elle résister longtemps aux incessants coups du sort ?

Emmanuel Macron vient de promettre une aide à condition que le pays fasse des réformes et en finisse avec la corruption institutionnalisée. Ce n’est pas la première fois que cette demande est faite par les institutions internationales, mais aucune des réformes promises n’a été accomplie. Tant que les barons du pays et le système politique communautaire resteront en place, il y a peu d’espoir que les choses changent. Inexorablement, le Liban plonge dans le chaos.

Les libanais sont fatigués. Beaucoup aujourd’hui veulent quitter Beyrouth pour les paysages plus tranquilles, quoique proches de la Syrie, de Tripoli, ou tout simplement s’exiler et dire adieu à leur paradis perdu.

Jean-Michel Brun

Explosions à Beyrouth. Source : Whatsapp

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