QATAR : SI CE N’EST PAS DU RACISME, CELA Y RESSEMBLE

Haro sur le Qatar !

Accusé de maltraiter ses travailleurs, de participer au réchauffement climatique, de persécuter les personnes LGBTQIA+, il est l’objet, de la part des opinion leaders occidentaux d’une salve d’appels au boycott. Les mêmes d’ailleurs qui se réclament de l’esprit de Coubertin : le sport et rien que le sport. Les jeux Olympiques, les championnats, devraient être un espace préservé de la politique et de passions… Sauf pour le Qatar bien sûr.

On peut naturellement s’interroger sur le bien-fondé ou non de ces accusations, mais on peut aussi s’interroger sur le fait que l’hallali contre le Qatar est bien antérieur à la construction des stades. Dès le choix de Doha, les commentateurs, sportifs notamment, s’en sont donnés à coeur joie pour fustiger cette nation « non-footballistique » qui voulait entrer dans le Panthéon des organisateurs de la Coupe du Monde. Oubliant qu’il y a sans doute plus de footballeurs amateurs dans les émirats que de pratiquants dans toute l’Europe.

Quant aux reproches faits aux émirats, la réponse du président de la FIFA, Gianni Infantino, fut exemplaire : « Ces leçons de morale, biaisées, sont juste de l’hypocrisie. Pour tout ce que nous, les Européens, avons fait pendant 3 000 ans, nous devrions nous excuser pendant les 3 000 prochaines années avant de commencer à donner des leçons de morale aux gens ».

De fait, depuis le XIXe siècle, grâce au charbon, qu’il a brûlé sans compter, l’Occident est devenu le maître du monde. Du charbon extrait par des mineurs, parfois des enfants, dont on se souciait bien peu, à l’époque, de savoir s’ils allaient mourir de coups de grisou ou bien de silicose. Et puis le pétrole a surgi des sables, et ce pétrole, nous nous le sommes accaparés, et nous l’avons brûlé, sans limite, sans nous préoccuper le moins du monde des impacts sur la planète. Mais lorsque les pays producteurs ont décidé de se réapproprier ce qui leur appartenait, alors, l’Occident a largement brocardé ces « bédouins enrichis qui avaient troqué leurs chameaux contre des Ferrari ».

Aujourd’hui, les hérauts de la bien-pensance dénoncent La Coupe du Monde comme un « non-sens écologique » en raison de la climatisation des stades. Pensez-donc : 8 stades climatisés pendant 28 jours alors qu’au même moment, en occident, des centaines de millions d’habitations, de bureaux et de centres commerciaux, sont des glacières en été et des fournaises en hiver. Quant aux restrictions imposées ces derniers jours, qui aura le naïveté de croire qu’elles sont inspirées par un souci écologique et non à la pénurie annoncée de l’énergie ?

Ceci n’est pas sans rappeler les railleries dont fut l’objet la mini-piste de ski du centre commercial dubaïote, comme si nous ne dépensions pas des millions à faire tomber de la neige artificielle sur les flancs de nos montagnes desséchées.

Alors, le ressentiment des occidentaux à l’égard du Qatar ne serait-il pas dû à ce qu’on a du mal à voir des arabes jouer dans la cour des grands ? Du racisme ? Non, bien sûr affirmeront nos éditorialistes de la pensée unique. Mais à bien réfléchir, il faut tout de même reconnaître que ça y ressemble…

Il faut reconnaître que les Qataris ne font guère d’efforts pour être des « gens comme il faut » : réciter le Coran lors de l’ouverture des jeux, faire dialoguer un noir et un handicapé, franchement, c’est abuser. Zemmour et Ciotti ont dû s’étrangler. Et puis ces Saoudiens qui renversent l’Argentine. Aucun respect. Le Grand Remplacement passe aussi par le sport.

Mais au tribunal de la bobosphère, il est un juge impitoyable : le public. Et le public n’en n’a rien à faire des rodomontades des philosophes de la « médiacratie ». Comme le dit fort justement Nicolas Beytou dans son éditorial du journal L’opinion : « Treize millions de Français, bassinés pendant des semaines sur la culpabilité du Qatar, ont pourtant choisi de célébrer l’équipe de France. Treize millions, un chiffre considérable (c’est autant que le nombre de voix qui se sont portées il y a six mois sur Emmanuel Macron). Treize millions de oui, comme autant de désaveux à tous les idolâtres du politiquement correct. »

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