Il semble bien que les Français ne croient plus à rien : ni à la démocratie, ni aux journalistes.
Les causes ne sont pas à aller chercher bien loin : les politiques mentent, les journalistes s’égarent sur le chemin de la facilité, de l’immédiateté, et perdent le sens primordial de la vérité des faits. La mainmise de la presse traditionnelle par quelques milliardaires suprémacistes qui se sont emparés de nos principaux medias pour en faire des organes de propagation ou de propagande de concepts idéologiques nauséabonds, sont un exemple des dérives qui menacent la capacité du public à être honnêtement informés.
La quasi unanimité des medias à voir dans les émeutiers du mois dernier de simples délinquants, le soutien inconditionnel des grands organes de presse aux mêmes belligérants dans les conflits qui agitent l’Europe centrale, la suppression des émissions satiriques, la nomination quasi dictatoriale à leur tête de polémistes d’extrême-droite, contribuent à cette méfiance du public à l’égard de l’information. Le « Vu à la télé » ne fait plus recette. Résultat, il se tourne, et surtout les jeunes, vers d’autres sources : les réseaux sociaux.
Bonne chose finalement, car cela offre une alternative au big brother médiatique qui entraîne les citoyens à marcher au pas de la pensée unique. Sauf que l’information délivrés par ces nouveaux réseaux ne sont pas plus fiables que les premiers. Grâce aux outils numériques, chacun se croit journaliste. L’information n’est plus recoupée, vérifiée, mais livrée en temps réel par des ignorants qui se proclament experts, faisant du paysage audiovisuel un immense café du commerce. Les fake news deviennent la version moderne de la propagande.
Seule solution : faire prendre conscience aux journalistes de leur mission sociale, pour laquelle la seule voie possible est celle de l’excellence. Et aussi apprendre au public à douter. « Le doute est la couronne du sage », disait le philosophe Alain.