FAILLITE DE LA SILICON VALLEY BANK : UN VENT DE PANIQUE SOUFFLE SUR LE MILIEU DE LA FINANCE

C’était l’une des banques les plus en vue des États-Unis, la banque des entreprises de la tech, la banque incontournable dans le financement des entreprises technologiques et de l’innovation.

En moins de 24 heures, ce fleuron de la finance américaine s’est effondré, à la suite d’un scénario qu’on n’avait plus vu depuis la crise financière de 2008.

Un modèle de la finance américaine

La Silicon Valley Bank (SVB) a été fondée en 1983 pour répondre aux besoins financiers des entreprises technologiques en pleine croissance de la Silicon Valley, et elle est devenue une institution financière de premier plan pour les entreprises technologiques, les startups et les investisseurs. Son siège est à Santa Clara, en Californie. Elle possède des bureaux aux États-Unis, notamment à San Francisco, New York, Boston et Austinau Royaume-Uni, en Israël, en Chine et en Inde. La Silicon Valley Bank a été l’un des premiers investisseurs de nombreuses entreprises technologiques prospères. Elle a investi dans des sociétés telles que Twitter, LinkedIn, Airbnb et Nest. En plus de ses investissements, la banque travaillait également en étroite collaboration avec des investisseurs en capital-risque et des fonds d’investissement pour aider à financer les startups.

En 2020, la Silicon Valley Bank a connu des difficultés financières importantes, entraînant une restructuration de l’entreprise et la fermeture de certains de ses bureaux. Cette situation a été causée par une combinaison de facteurs, notamment une augmentation des pertes liées aux prêts, une baisse des taux d’intérêt et une concurrence accrue dans le secteur bancaire.

L’impact de la pandémie de COVID-19 sur l’économie mondiale a également contribué à la détérioration de la situation financière de la banque. De nombreuses entreprises technologiques ont connu une baisse de leurs revenus, ce qui a entraîné une augmentation des défauts de paiement et des pertes liées aux prêts pour la Silicon Valley Bank.

En conséquence, la Silicon Valley Bank a été contrainte de réduire ses effectifs, de fermer certains de ses bureaux et de se concentrer sur ses activités de base. La banque a également dû restructurer sa dette pour faire face à la pression financière. Ces mesures ont permis, pour un temps, de rétablir sa situation, et a continué à attirer des clients de premier plan, notamment des entreprises technologiques en pleine croissance telles que Zoom et Coinbase.

Fin 2022, la banque comptait 209 milliards de dollars d’actifs et environ 175,4 milliards de dépôts.

Colosse aux pieds d’argile

Toutefois, trop dépendant d’un seul secteur, celui de la haute technologie, la banque a subi de plein fouet les difficultés de cette industrie, fragilisée par la hausse des taux d’intérêt et les remous de la Tech ces derniers mois, qui ont amené ces sociétés à avoir soudainement besoin de retirer de l’argent. Beaucoup d’argent.

Pour faire face à ces retraits, SVB a eu besoin de liquidités dont elle ne disposait pas.

La banque a donc cherché à lever rapidement du capital, sans y parvenir. Mais ses difficultés ont très vite inquiété les marchés. Peu de temps après avoir annoncé la vente de 21 milliards de dollars de titres (avec au passage une perte de 1,8 milliard de dollars) et ses difficultés à lever de l’argent frais, l’établissement perdait 60 % à la Bourse de New York jeudi 9 mars 2023. Son titre était suspendu vendredi avant le début de la séance.

Afin d’éviter un effondrement encore plus catastrophique, le bureau californien de la protection financière et de l’innovation (DFPI) a annoncé vendredi 10 mars 2023 avoir désigné la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC), l’organisme chargé de la garantie des dépôts aux États-Unis, comme administrateur judiciaire, justifiant sa décision par le « manque de liquidités et son insolvabilité » de SVB.

Cette faillite aussi rapide que spectaculaire a créé un vent de panique sir les marchés financiers. Les quatre plus grandes banques américaines ont perdu 52 milliards de dollars en Bourse jeudi : JPMorgan Chase a ainsi perdu 5,4 %, Bank of America 6,20 %, Citigroup 4,10 % et Wells Fargo 6,18 %. Face à ce tsunami, les experts tentent de se montrer rassurants : chez Morgan Stanley, on affirme dans un communiqué : « Nous voulons être très clairs… Nous ne pensons pas que le secteur bancaire soit confronté à une pénurie de liquidités ».

Toujours est-il que la chute de SVB va entraîner la ruine de nombre d’entreprises du secteur, et notamment de start-up. La Federal Deposit Insurance Corporation, qui est désormais chargée du contrôle et de la garantie des dépôts, et de gérer les actifs de la banque, les retraits, les prêts en cours, etc.prévoit de rouvrir 17 agences de la banque lundi, en Californie et au Massachusetts. Les clients seront autorisés à retirer jusqu’à 250 000 dollars, soit le montant habituellement garanti par la FDIC. Mais la grande majorité des clients de la banque ont des dépôts beaucoup plus importants. Ils risque de ne pas y survivre.

La finance islamique, une solution pour assainir l’économie ?

La finance islamique est un système financier qui a connu une croissance rapide ces dernières années et est devenue un sujet important dans le monde de la finance.

La finance islamique est basée sur les principes de la charia, qui interdisent les intérêts ou les prêts usuraire, les transactions spéculatives et les investissements dans des secteurs considérés comme non éthiques. Les principes de la charia reposent sur la justice, l’équité et l’harmonie sociale.

Dans la finance islamique, les transactions financières sont régies par des contrats d’investissement qui permettent le partage des risques et des profits entre les parties. Le plus connu de ces contrats est le murabaha, un contrat de vente à tempérament où le vendeur achète le bien souhaité par le client et le lui revend avec une marge bénéficiaire fixe.

Un autre type de contrat est le musharaka, qui est un partenariat entre deux ou plusieurs parties pour financer un projet. Chaque partie investit un montant déterminé et partage les profits ou les pertes proportionnellement à son investissement.

Il existe également le mudaraba, qui est un contrat de gestion de fonds. Le mudarib est le gestionnaire de fonds et le rabb al-mal est le fournisseur de fonds. Les profits sont partagés entre les deux parties selon un pourcentage préalablement convenu.

La finance islamique s’est développée dans de nombreux pays musulmans, mais elle est également devenue populaire dans des pays non musulmans en raison de ses avantages éthiques et économiques. Les banques islamiques ont connu une croissance rapide ces dernières années, offrant une alternative aux banques conventionnelles.

L’un des avantages de la finance islamique est qu’elle encourage l’investissement dans des secteurs productifs, car elle ne permet pas les investissements spéculatifs. Elle favorise également la responsabilité sociale des entreprises en n’autorisant pas les investissements dans des secteurs considérés comme non éthiques.

Dans le sillage de la volonté de préserver l’environnement, de moraliser la vie économique, de plus en plus d’acteurs économiques, et aussi de particuliers, souhaitent que leur argent ne soit employé qu’à des fins éthiques. C’est également un moyen d’éviter la spéculation sauvage, et les mirages de l’argent facile, et également les effondrements spectaculaires, comme ceux de 2008 ou de la Silicon Valley Bank. La finance islamique garantit cette déontologie financière. C’est pourquoi elle continue de croître et d’évoluer et qu’elle est susceptible de jouer à l’avenir un rôle de plus en plus important dans l’économie mondiale.

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