PRÉSIDENT DE L’AZERBAÏDJAN : LA PAIX EST NOTRE PRIORITÉ

Les 28 et 29 avril s’est tenu en Azerbaïdjan le forum international de Choucha,  sur le thème « Caucase du Sud : développement et coopération » , organisé par l’Université ADA et le Centre d’analyse des relations internationale.

Cette conférence , où Musulmans en France était représenté par son directeur de la rédaction Jean-Michel Brun, réunissait une quarantaine d’experts et des représentants de groupes de réflexion venus de 23 pays, autour du thème de la restauration d’après-guerre des infrastructures dans les territoires azerbaïdjanais libérés, y compris Choucha.

Parmi les sujets abordés figuraient également l’établissement d’une paix durable dans la région et la possibilité d’une coopération régionale post-conflit.

Choucha ville-martyre sur le chemin de la reconstruction

La première partie de la conférence s’est déroulée dans la ville même de Choucha, qui fut la capitale culturelle de l’Azerbaïdjan, avant que celle-ci ne fît l’objet d’une destruction massive de ses monuments, écoles, et édifices culturels durant les 30 ans de l’occupation arménienne.

Aéroport de Fuzull – Photo © Jean-Michel Brun

Les participants ont atterri à l’aéroport de Fuzuli, construit en 6 mois, seulement et qui sera bientôt suivi par celui de Lachin et Zangilan. Les experts, venus notamment des États-Unis, de Grande-Bretagne, de Suède, d’Italie, de France, de Roumanie, de Turquie, de Géorgie et d’autres pays, ont assisté aux travaux de déminage de la route entre le village d’Ahmadbayli et Choucha dans le district de Fuzuli.

Déminage au Karabakh
Opération du déminage à Fuzuli

Un représentant de l’Agence nationale azerbaïdjanaise pour l’action contre les mines (ANAMA), Gabil Babayev, a exposé le travail titanesque auxquels ses équipes devaient de livrer. Près d’un million de mines ont été enterrées par les forces arméniennes après leur défaite de la guerre de 44 jours, et notamment dans des zones de passage de civils et dans les villages. Ce minage avait pour objectif d’empêcher, ou de retarder, le retour des azerbaïdjanais dans les maisons dont ils avaient été chassés en 1992. Chaque jour, des civils sont tués par ces engins, par ailleurs interdits par les lois internationales.

La conférence à Choucha devant l’école Realnyi en ruines – Photo © Jean-Michel Brun

Une première conférence s’est tenue dans la ville même de Choucha, face aux ruines de l’école Realniy, détruite par les Arméniens en 1992, et dont la reconstruction est déjà programmée.En présence de M. Hikmat Hajiyev, porte-parole du Président de la République, une première table ronde avait pour sujet, « Choucha, sur le chemin de la renaissance », suivi d’un débat sur le thème « Coopération, opportunités et défis »

Rencontre avec le Président Ilham Aliyev

Le président Aliyev devant les experts internationaux – Photo@Jean-Michel Brun

Le président de la République d’Azerbaidjan Ilham Aliyev a tenu à rencontrer les participants qui ont pu, chacun, lui poser des questions cruciales sur l’avenir de l’Azerbaïdjan, ses relations avec ses voisins et le reste du monde et, bien entendu, le futur du Karabakh et la nécessaire réconciliation avec ses voisins arméniens.

Pendant 3 heures, dans les locaux de l’Université ADA à Bakou, sans l’aide d’aucune note, le chef de l’Etat a répondu, en anglais, aux questions, parfois sensibles, des participants.

En introduction, après avoir rappelé les souffrances endurées par le peuple azerbaïdjanais pendant les 30 ans d’occupation, les destructions massives des villes et villages du Karabakh, Ilham Aliyev a dressé un rapide tableau des grands projets de reconstruction du Karabakh et de l’est de Zangezour auxquels des entreprises internationales participent actuellement. Il a également rappelé l’importance du dialogue avec les principales organisations internationales afin que la communauté internationale connaissent les réalités de la situation au Karabakh. Il a surtout insisté sur la nécessité absolue de promouvoir dans le Caucase une nouvelle ère de paix et de coopération.

Récemment, le gouvernement arménien a accepté les 5 principes fondamentaux mis en avant par l’Azerbaïdjan. Ces principes devraient constituer la base d’un traité de paix avec l’Arménie. En outre, conformément à la proposition de l’Azerbaïdjan, l’Arménie a finalement accepté de créer un groupe de travail conjoint avec l’Azerbaïdjan pour lancer le processus de délimitation des frontières.

La paix avant tout

Répondant aux questions des participants, le Président Aliyev a rappelé que l’ensemble des initiatives prises par l’Azerbaïdjan avaient pour objectif principal, outre la reconstruction des zones détruites pendant la période de l’occupation, et le retour chez elles des personnes déplacées, d’établir une paix durable et un esprit de coopération entre tous les pays du Caucase.

« Je pense que l’Arménie devrait aussi comprendre qu’elle ne peut pas continuer à vivre dans cette région comme une île isolée. Il est de son intérêt de normaliser ses relations avec nous, mettre un terme aux revendications territoriales contre l’Azerbaïdjan et la Turquie, et accepter les réunions trilatérales avec le soutien d’organisations internationales » a précisé le président azerbaïdjanais, qui a rappelé que l’Union européenne avait annoncé un investissement de 2,6 milliards d’euros pour l’Arménie, et une aide égale pour l’Azerbaïdjan. « Compte tenu de la petite population de l’Arménie, je pense que si ces aides sont consacrées à des affaires pacifiques et non à des tentatives de vengeance et de menace pour les voisins, elles seront plus que suffisantes. » a ajouté Monsieur Aliyev.

En finir avec une idéologie rétrograde

Agdham-Azerbaidjan
Après 30 ans de présence arménienne, il ne reste plus rien d’Aghdam. Photo © Maya Baghirova

Les participants ont été très impressionnés par l’ampleur des dégâts subis par la ville de Choucha, jadis appelée « la perle du Caucase ». Des destruction qui ont eu lieu, non pendant la guerre de 2020, mais tout au long des 30 ans de présence arménienne. Les villes de Fuzuli et Aghdam, situées non loin de là, ont été purement et simplement rayées de la carte.« Toute leur idéologie reposait sur l’occupation et sa légitimation. De l’effacement du patrimoine culturel de l’Azerbaïdjan au changement de nom de toutes nos villes, y compris Aghdam et Choucha, tous les efforts ont été dirigés vers l’annexion de facto de ce territoire » regrette le président azerbaïdjanais. « Cette idéologie n’est plus de mise », ajoute-t-il, « ils ont perdu des terres qui ne leur appartenaient pas. Ils doivent s’en rendre compte et se définir un nouvel objectif pour eux-mêmes». « Cet objectif sera de goûter les fruits de la paix et de la coopération, de renoncer aux revendications territoriales contre l’Azerbaïdjan et la Turquie. » a-t-il conclu.

Le scandale des mines anti-personnel

Un responsable d’ANAMA montre les modèles de mines découvertes dans le sol

Le Professeur Brenda Shaffer de l’Académie navale des États-Unis a souligné le caractère inacceptable et contraire aux lois internationales que constitue la pose de mines antipersonnel par les forces arméniennes. Des mines ont même été placées sous les corps des soldats azerbaïdjanais tués afin que les médecins et le personnel médical qui les ont approchés pour les transporter et les remettre à leurs familles soient tués ou blessés. En réponse, le président Aliyev a rappelé que plus de 200 militaires et civils sont morts ou ont été grièvement blessés par des mines, posées après le cessez-le-feu. Il a souligné l’extrême difficulté que rencontre le pays pour nettoyer tous les territoires, même avec de nouveaux équipements, comme les drones, en raison du nombre colossale des pièges posés par les forces arméniennes.

Il a regretté qu’aucune plainte n’ait été déposée contre l’Arménie pour un comportement aussi monstrueux. Les 10 à 20 jours qui avaient été donnés aux Arméniens pour leur permettre de quitter le territoire dans les meilleurs conditions ont été utilisés à poser des mines, à incendier des maisons qui ne leur appartenaient pas, à abattre des arbres et à causer d’autres catastrophes environnementales.

L’Union européenne, a souligné le président, avait annoncé au départ un programme d’aide de 2,6 milliards d’euros pour l’Arménie et de 140 à 160 millions d’euros pour l’Azerbaïdjan. « Pas une seule maison n’a été détruite en Arménie. Pourquoi leur donne-t-on 2,6 milliards ? »  s’est interrogé Ilham Aliyev, alors qu’il n’a été affecté qu’un peu plus de 100 millions d’euros à l’Azerbaïdjan, « Un pays avec 10 000 kilomètres carrés de territoire complètement détruit ». Cette différence a été corrigée depuis, mais « Nous n’avons reçu aucun dollar d’un pays ou d’une organisation internationale».

« Bien sûr, ce n’est pas juste », concède le président, « C’est deux poids deux mesures, mais que pouvons-nous y faire ? c’est le monde dans lequel nous vivons. Néanmoins, que l’on nous aide ou non, nous défricherons tous les territoires. Bien sûr, cela prendra plus de temps. Nous permettrons le retour de tous les azerbaïdjanais déplacés et reconstruirons le Karabakh afin qu’il devienne un modèle pour le monde entier. »

Le patrimoine du Karabakh détruit dans l’indifférence des nations

Sur une question de l’historien français Maxime Gauin sur la destruction des monuments culturels azerbaïdjanais au Karabakh, le président Aliyev s’est exprimé sur «le mythe très étrange, né après la guerre, basé sur un travestissement de la réalité, et ce qu’on peut appeler l’Azerbaïdjanophobie, selon lequel l’Azerbaïdjan détruirait le patrimoine culturel de l’Arménie dans nos territoires libérés de l’occupation».

Eglise orthodoxe de Khodjavend détruite par les Arméniens

« Depuis trente ans », rappelle Monsieur Aliyev, « nous demandons à l’UNESCO de venir témoigner dans les territoires occupés. Ils ont toujours refusé. Un an ou un an et demi avant la deuxième guerre du Karabakh, notre ministre des Affaires étrangères de l’époque était à l’UNESCO et leur a posé cette question. La réponse a été que l’UNESCO ne s’occupe pas de questions politiques». « Après la fin de la guerre, la situation a changé. La propagande alimentée par la puissante diaspora arménienne a tenté de faire croire à l’opinion publique internationale que le patrimoine historique arménien pouvait être détruit. Dans le même temps, la destruction de 65 mosquées sur 67 par les Arméniens a été complètement ignorée. Comme s’il ne s’agissait pas d’un patrimoine historique, ni d’un patrimoine religieux. » a ajouté le président.

En réalité, a rappelé M. Aliyev, « il n’y a eu qu’une église arménienne endommagée à Choucha, du fait de dommages collatéraux. L’Azerbaïdjan s’est immédiatement excusée auprès des autorités arméniennes et a décidé de la restauration de l’église. Les Arméniens se sont-ils excusés pour les 65 mosquées détruites, la mosquée d’Aghdam transformée en étable et en porcherie ?

Car c’est cela que les observateurs internationaux qui ont visité Choucha ont pu constater, et c’est aussi cela qui explique le désintérêt actuel de l’UNESCO à visiter la région. Car que rapporteront-ils s’ils la visitent ? Ils devront rendre compte du fait que le patrimoine religieux arménien, chrétien et albanais demeure inviolable. Ils verront que l’église arménienne de Bakou, au centre ville, est en parfait état, et que cinq mille livres arméniens précieux y sont conservés. Que voit-on en revanche à Erevan ? Ils ont renommé la mosquée azerbaïdjanaise en l’appelant persane et en ont transformé la décoration avec l’aide de spécialistes iraniens.

Notre patrimoine religieux et historique en Azerbaïdjan appartient à tout le peuple azerbaïdjanais. Temples zoroastriens, mosquées, églises catholiques, églises orthodoxes, églises arméniennes et synagogues – tout cela est notre patrimoine national et nous le gardons. Tous ceux qui visitent Bakou, Shusha, Guba et d’autres endroits peuvent le constater »

Remettre l’Histoire à l’endroit

Monsieur Wenceslas Sabev, Directeur du Centre pour le gouvernement et la religion à l’Université de Genève, en Suisse a ensuite posé une question sur la manière dont les Arméniens on en quelque sorte réécrit l’histoire du Karabakh et de l’Arménie pour justifier leur politique d’occupation.

« Il est exact de constater», note le président Aliyev, « qu’au cours des cinq ou six dernières années, cette politique de falsification de l’histoire a même pris une nouvelle forme, en débaptisant les villes azerbaïdjanaises pour leur donner noms arméniens, le plus souvent totalement fantaisistes. Ils ont par exemple renommé « Chouchi » la ville de « Choucha » que vous avez visitée hier. Pourquoi ce nom ? Mystère : Cette ville n’a jamais été appelée « Chouchi» et n’a jamais été arménienne. J’avoue ne pas comprendre. Si vous regardez toutes les cartes, les cartes historiques, regardez dans l’encyclopédie soviétique, vous verrez le nom de Choucha. Cela fait 5 ou 6 ans que les Arméniens ont commencé à falsifier l’Histoire. Pourtant, regardez l’accord de paix de Kurekchay de 1805. Qui l’a signé ? Ibrahim Khan, Karabakh, Shusha Khan et général russe. Les Arméniens n’y figurent pas. En réalité, les Arméniens ont commencé à être installés artificiellement dans ces territoires depuis la Perse et l’Anatolie orientale plus tard – après les traités Turkmanchay et Gulistan. »

La paix et l’intégrité territoriale

Ilham Aliyev

A la question de la situation des Arméniens dans l’Azerbaïdjan de demain, le président de la République a déclaré : « Nous considérons les Arméniens vivant au Karabakh comme nos citoyens. J’espère qu’ils comprendront bientôt que s’ils vivent en tant que citoyens azerbaïdjanais, tous leurs droits et leur sécurité seront assurés. L’Azerbaïdjan, contrairement à l’Arménie, est un pays où vivent de nombreux groupes ethniques. Tous les groupes ethniques ici, y compris les Arméniens, vivent dans la paix et la dignité. Nous avons une minorité arménienne, et ils n’ont jamais eu de problèmes dans ce sens. Cependant, pour cela, il faut mettre un terme à la propagande arménienne. Diaboliser les Azerbaïdjanais, créer des mythes à notre sujet ne servira pas la cause de la paix»

Rappelant, encore une fois, le leitmotiv de la politique azerbaïdjanaise : « la paix et la reconnaissance de l’intégrité territoriale », Ilham Aliyev a noté que le niveau de vie en Azerbaïdjan est bien plus élevé qu’en Arménie et que les Arméniens eux-mêmes en sont conscients. « Nous recevons déjà des messages d’Arméniens du Karabakh. Ils sont très positifs. Nous avons déjà commencé les premiers contacts à différents niveaux. Je ne veux pas entrer dans les détails, mais le processus est déjà enclenché, et cela démontre encore une fois notre intention. Ils peuvent participer au développement économique rapide, ils peuvent se sentir plus en sécurité et à l’aise dans un seul État azerbaïdjanais, mais ils doivent abandonner les tendances et les aspirations séparatistes. Des centaines de milliers d’Azerbaïdjanais retourneront à Kalbajar, Lachin, Shusha, Agdam dans un proche avenir. Ils devront vivre dans cet environnement. Ils devront vivre en voisins, renoncer à l’inimitié, tourner le dos aux séparatistes » a-t-il conclu.

Vis à vis du conflit ukraino-russe : une position libre et indépendante

Lors du conflit Moscou-Kiev, l’Azerbaïdjan a pris une nette position de soutien à l’Ukraine. Position courageuse et risquée, quand on sait qu’une armée « de maintien de la paix » russe est présente dans une partie du Karabakh. L’Azerbaïdjan ne pouvait toutefois à la fois réagir contre une invasion de son propre pays et légitimer l’entrée des troupes russes en Ukraine. Elle s’attache toutefois à conserver de bonnes relations avec son puissant voisin. L’Azerbaïdjan achète notamment beaucoup d’armes et d’équipements à la Russie. Contrairement d’ailleurs à l’Arménie, qui a reçu les armements russes gratuitement.

Le Karabakh sera une région pilote pour la préservation de l’environnement

Sur le plan de l’énergie, l’Azerbaïdjan travaille à des projets énergétique respectueux de l’environnement, notamment à Kalbajar et Terter. Une centrale de 20 mégawatts a déjà été mise en service, qui sera montée à 25 mégawatts. cette année. Cependant, il s’agit d’énergie dérivée de l’eau. Une énergie à fort potentiel. « Nous sommes actuellement en phase finale de négociations concernant l’énergie solaire et éolienne au Karabakh : avec BP sur la construction de centrales solaires de 240 MW à Jabrayil, ainsi qu’avec des sociétés internationales sur des centrales éoliennes de 100 MW à Kalbajar. En outre, depuis janvier de cette année, deux événements importants ont eu lieu – la cérémonie d’inauguration d’une centrale solaire et d’une centrale éolienne d’une capacité totale de 430 mégawatts. L’un d’eux sera construit par la société saoudienne leader dans ce domaine, ACWA Power, et l’autre par UAE Masdar. C’est une belle démonstration de l’attractivité de l’Azerbaïdjan. » a indiqué le président.Le Karabakh est déclaré zone « d’énergie verte », zone de « villes intelligentes », zone d’« énergie intelligente », une priorité pour les autorités de Bakou.«  Nous prévoyons que 30 % de l’énergie proviendra du soleil et du vent, et je pense que ce chiffre pourra dépasser 50%. Il est également important que nous puissions économiser une grande quantité de gaz naturel pour l’exportation. Grâce aux deux stations qui sont en construction, ACWA Power et Masdar, il sera possible d’économiser 400 millions de mètres cubes de gaz. Ceci est sans doute un petit volume, mais pour certains pays, il s’agit d’un montant important. Nous étudions déjà les possibilités de rejoindre les projets de lignes de transmission entre la Roumanie et la Géorgie sous la mer Noire. L’Europe, a besoin de notre gaz, mais aussi de notre électricité» a précisé le chef de l’Etat, qui a ajouté : « Il y a quelques mois, nous avons lancé un format appelé « dialogue énergétique » avec l’Union européenne. Il s’agit d’un programme complet qui comprend le pétrole, le gaz, les produits pétroliers, les énergies renouvelables et l’hydrogène. Quant à l’hydrogène, nous sommes très actifs. L’hydrogène est l’avenir. Nous sommes toujours en avance sur les processus et les innovations. Je suis absolument convaincu que les domaines des énergies renouvelables changeront complètement le marché de l’énergie et nous offriront des opportunités supplémentaires pour apporter plus de valeur à nos partenaires. »

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