EMMANUEL MACRON SE RENDRA « PROCHAINEMENT » EN ALGÉRIE, UNE PREMIÈRE DEPUIS 2017

Le chef de l’Etat ne s’est rendu qu’une seule fois en Algérie, au début de son premier mandat présidentiel en décembre 2017. Il promet de répondre à l’invitation formulée par le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, de se rendre « prochainement » en Algérie dans un message de félicitations à l’occasion du 60e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie.

Le 5 juillet 1962, l’Algérie proclamait son indépendance, après 132 ans de colonisation française, dont certains épisodes, comme les « enfumades » de Dahra en 1845 ou les ratonnades d’Alger en 1956, ont laissé des plaies non encore cicatrisées.

Suite à une guerre de huit ans, dont la France a longtemps nié l’appellation, l’Algérie s’est libérée, avec ses drames humains, de part et d’autre, qui laissent encore des traces aujourd’hui.

Emmanuel Macron, dès de début de sa prise de fonction, a tenté des gestes symboliques qui, précisément parce qu’il cherchait à ménager, souvent avec quelques maladresses, à la fois les anciens colonisés et les nostalgiques de l’Algérie Française, n’ont satisfait finalement ni l’un, ni l’autre camp.

Il commande ensuite à l’historien français Benjamin Stora un rapport sur la colonisation qui paraît en janvier 2021, à la suite duquel il s’engage à des « actes symboliques » pour tenter de réconcilier les deux pays, mais exclut « repentance et excuses », ce qui, naturellement provoque l’ire des Algériens.

Dans la même veine, il exprime le 26 janvier 2022 « la reconnaissance » de la France envers les rapatriés d’Algérie et exhorte à « reconnaître » et « regarder en face » le « massacre du 5 juillet 1962 » à Oran, qui toucha « des centaines d’Européens, essentiellement des Français ». Il dénonce « l’engrenage mortifère de la guerre civile et a éaffirmé son attachement à ce que la mémoire n’occulte aucun pan de l’Histoire et à ce que celle-ci soit transmise », indique un communiqué de l’Elysée.

Ce souci de réconcilier les mémoires s’est brutalement heurté à une déclaration d’Emmanuel Macron en octobre 2021 qui juge que l’Algérie s’est construite après son indépendance sur « une rente mémorielle », entretenue par « le système politico-militaire », suscitant la stupeur et la colère d’Alger.

Depuis, les conseillers des deux pays se sont attachés à recoller les morceaux de ces relations qui n’en finissaient plus de se déliter.

A l’occasion du 60ème anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, Emmanuel Macron a adressé un message de félicitations à son homologue Abdelmadjid Tebboune :« Monsieur le Président et mon cher ami, j’ai l’immense plaisir, en ce 5 juillet 2022 où l’Algérie commémore son 60e anniversaire de l’indépendance, de vous adresser, au nom de la France et en mon nom propre, à vous, l’Algérie et son peuple, un message d’amitié et de solidarité, accompagné des félicitations les plus sincères à votre pays ».

Dans ce document, Emmanuel Macron évoque également une prochaine visite en Algérie sans donner de date précise : « En réponse à votre invitation, je serai heureux de venir en Algérie prochainement pour lancer ensemble ce nouvel agenda bilatéral, construit en confiance et dans le respect mutuel de nos souverainetés »

Fin avril, Abdelmadjid Tebboune avait félicité Emmanuel Macron lors de sa réélection et l’avait invité à se rendre en Algérie. Le président français a effectué une seule visite en Algérie, au début de son premier mandat présidentiel en décembre 2017.

Emmanuel Macron conclut son message en souhaitant le « renforcement des liens déjà forts entre la France et l’Algérie ».

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