APRÈS 2025, ANNUS HORRIBILIS POUR LES DROITS EN FRANCE… VIVE 2026 ?

Avec la complicité de bientôt quatre mandatures présidentielles, les idéologies racistes et xénophobes ont refait leurs nids nauséabonds dans notre pays. Après les Protestants, les Juifs, voici les nouveaux boucs émissaires des minus habens de tous bords : les Musulmans. Les prétextes n’ont pas changé : une prétendue incapacité à s’intégrer à notre société, une opposition à nos valeurs, un discours, une façon de s’habiller, qui ne sont pas « les nôtres ». Les tirs ont simplement changé de cible.
Jusqu’où vont-ils aller ? A une Saint Barthélémy, un holocauste musulman ? Quand le racisme est affiché et décomplexé, tout est possible.

En ce sens, 2025 a été une année remarquable.

Alors que la presse et les autorités françaises mettent l’accent sur l’antisémitisme, largement encouragé par ceux qui se prétendent les représentants des Juifs de France, tout en faisant publiquement l’amalgame ente anti-sionisme et antisémitisme, autrement dit entre Netanyahu et l’ensemble des Juifs, même le Ministère de l’Intérieur le reconnaît : les actes islamophobes ont augmenté de 75% entre janvier et mai 2025. Selon un sondage paru en fin d’année , 66% des personnes de confession musulmane en France ont été victimes d’actes hostiles ou de discriminations.

Quelques faits, parmi tant d’autres :

Fin janvier, une grenade est découverte devant la mosquée de Saint-Omer, petite commune française située dans le département septentrional du Pas-de-Calais, où une tête de cochon avait déjà été déposée en mars 2024.

Fin février, la mosquée de Jargeau, dans le Loiret, est entièrement détruite par un incendie, tandis que celle de Maurepas à Rennes est vandalisée à deux reprises. 

Le 25 avril, un employé de la mosquée Khadidja à La Grand-Combe, dans le Gard. Aboubakar Cissé, 22 ans, est poignardé de 57 coups à l’intérieur du lieu de culte. L’assaillant, qui a filmé l’attaque, proférait des insultes à caractère islamophobe durant l’acte. Il est arrêté quelques jours plus tard.

Le 31 mai 2025, à Puget-sur-Argens, une petite commune du Var, Hichem Miraoui, un ressortissant tunisien de 35 ans est abattu par son voisin qui “a diffusé avant et après son passage à l’acte, deux vidéos sur son compte d’un réseau social au contenu raciste et haineux”, selon le parquet de Draguignan.

En juin, une jeune femme voilée de 20 ans est sauvagement agressée à Reims, par plusieurs individus qui lui reprochent de porter un foulard.

Fin septembre, des tags islamophobes et des restes de porc sont retrouvés devant une salle de prière musulmane à Fontaine, en Isère. Sur la façade de la salle de prière, les fidèles ont découvert l’inscription “Islam dehors”, ainsi que des restes de saucisson et des os de porc déposés à l’entrée du lieu de culte.

Fin octobre, lors d’une compétition de cécifoot, la victoire du club de Bondy est annulée à cause du voile d’une de leurs joueuses. La rencontre, qui s’était disputée dans le cadre du championnat de cécifoot, s’était soldée par une victoire de 3-2 sur le terrain pour le Bondy Cécifoot contre le Sporting Paris. 

Fin novembre, la mosquée Ar-Rahma, du Puy-en-Velay en Haute-Loire, est vandalisée au milieu de l’après-midi par plusieurs individus qui saccagent les lieux ainsi que des exemplaires du Coran,

En novembre deux salariées portant le voile ainsi qu’une responsable RSE opposée à une mesure d’interdiction des signes religieux dans le groupe de conseil en informatique Magellan Partners, ont été licenciées. Les deux salariées avaient été embauchées voilées et n’avaient fait l’objet d’aucun reproche professionnel.

À Grenoble, des conducteurs de bus sont victimes d’un déluge d’islamophobie venant de leurs collègues. Ils trouvent ainsi dans leur boîte aux lettres des tracts insultants, des oreilles de porc, ou un bout de saucisson transpercé d’un mini-drapeau français ainsi qu’un feuille frappée d’une croix gammée avec les mots suivants : « À mort ou dehors ». Les auteurs restent impunis.

Sans compter, naturellement, les « petits » actes islamophobes dont les musulmanes et les musulmans sont victimes au quotidien.

Les autorités françaises à la pointe de la discrimination contre les musulmans

Le 26 mars, lors d’un meeting politique intitulé « Pour la République, la France contre l’islamisme » à Paris, organisé par le collectif « Agir Ensemble » avec la présence de plusieurs responsables politiques, Bruno Retailleau, ministre de l’Intérieur, s’exclame : “Vive le sport, et donc, à bas le voile, bien sûr”.

À la mi-mai, 5 membres du CCIE (Collectif contre l’islamophobie en Europe) sont placés en garde à vue pour des faits présumés de “reconstitution d’association dissoute”. Ils sont soupçonnés de poursuivre les activités du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), dissous arbitrairement par les autorités en 2020.   

En mai, Smaïn Bendjilali, imam à la mosquée des Bleuets à Marseille, est condamné à six mois de prison avec sursis, une amende de 2 000 €, une interdiction des droits civiques pendant cinq ans et son inscription au Fichier des auteurs d’infractions terroristes, par le tribunal correctionnel de Marseille, pour “apologie du terrorisme”, pour avoir republié, sur les réseaux sociaux, une vidéo défendant les Palestiniens contre le génocide perpétré par Israël à Gaza.
Heureusement, le tribunal administratif de Marseille, puis le Conseil d’État, ont suspendu l’exécution de l’arrêté de fermeture.Le Conseil d’État a même transmis une Question prioritaire de constitutionnalité (QPC) au Conseil constitutionnel, concernant la légitimité des pouvoirs préfectoraux de fermeture administrative de lieux de culte.

Ouverte il y a quelques mois à Pierrelatte, dans le Sud-Drôme, l’association Lien des cœurs, qui propose des sorties et activités périscolaires, se voit interdire d’activité par la préfecture de la Drôme, pour avoir organisé des cours d’enseignement coranique pour les parents demandeurs. Aucune association chrétienne ou israélite n’a jamais été fermée pour avoir organisé des cours d’éducation religieuse.

Methodiya, créatrice de contenu et animatrice de club de lecture, a reçu une visite nocturne de la police à son domicile, devant ses enfants, pour lui notifier le gel de ses avoirs, autrement dit, l’impossibilité de recevoir un salaire, de jouir de son patrimoine, et même d’avoir une vie professionnelle, ceci sans procès, ni condamnation, ni preuve.

Des rapports pipeau à tire-larigot

Les Français aiment les chiffres. Alors, pour tenter de justifier leurs discours nauséabonds, les chantres du racisme cherchent à s’appuyer sur des rapports chiffrés. Et comme ceux qui existent ne corroborent pas leurs délires, ils n’hésitent pas à en fabriquer à leurs mesures.

Dans un rapport de 108 pages, intitulé « L’islamisme : obstacle à notre cohésion nationale ? », les sénateurs LR dressent un portrait fictif des dangers de l’islam en France, et proposent 17 mesures contre les musulmans, comme l’interdiction du voile pour les mineures et du jeûne du ramadan avant 16 ans. Ce rapport s’appuie en réalité sur les contributions de « l’anthropologue » Florence Bergeaud-Blackler, qui se présente comme experte de l’islam, mais ne comprend pas un mot d’arabe, de l’essayiste loufoque Céline Pina, qui assimile le nouveau maire de New York Zohran Mamdani à un terroriste, et l’imam Hassen Chalghoumi, dont il est inutile de rappeler le pedigree.

En juin parait une véritable perle de l’islamophobie d’État : le rapport, commandé par Gerald Darmanin, intitulé « Les Frères musulmans et islamisme politique en France ». Une véritable farce, que Macron lui-même a fini par mettre au rancart, et qui a été rédigé à partir des écrits de l’ineffable Florence Belgeaud-Blacker, l’expert-en-tout Gilles Kepel, et les « arabes de service » Mohamed Sifaoui et Mohamed Louizi, qui ont fait leur fond de commerce d’une prétendue menace fantasmée des fameux « frères musulmans ».

En novembre, nouvelle tentative de manipulation avec l’hallucinant « sondage », réalisé par l’IFOP, censé présenter une cartographie de l’islam en France. Ce sondage, bâclé, manipulé, réalisé sur un échantillon non représentatif de 500 personnes, a en réalité pour objectif d’accréditer la thèse d’une dangerosité de l’islam en France. Il est commandé par une « revue » inconnue qui ne publie rien, dont le financement reste, peut-être pas pour longtemps d’aileurs, mystérieux. Le CFCM a décidé de porter plainte. Quant à l’institut de sondage, ce fiasco lui a valu les surnoms de OPIF ou IFLOP !

Les milliardaires d’extrême droite achètent la presse pour diffuser leur idéologie


Selon la carte « Médias français, qui possède quoi ? » publiée en 2025 par Le Monde diplomatique, mensuel français spécialisé dans l’analyse géopolitique et internationale, en partenariat avec Acrimed (Action critique médias), une association indépendante dédiée à l’analyse critique du fonctionnement des médias, 80% des vecteurs d’opinion — quotidiens nationaux, grandes chaînes privées, radios et magazines — est aujourd’hui contrôlée par un petit groupe de neuf milliardaires. Pourquoi acheter des medias, alors que ceux-ci sont pratiquement tous en déficit, coûtent une fortune à leurs propriétaires, et ne survivent que grâce à ces derniers qui remplissent sans cesse ce tonneau des Danaïdes, ainsi, bien sûr, que les subventions lui leur sont généreusement accordées par l’État ? Pour la simple raison que ces vecteurs d’information leur permettent d’offrir une large diffusion à leurs idéologies extrémistes. c’est d’ailleurs ce qu’avoue sans honte Vincent Bolloré : « Je me sers de mes médias pour mener mon combat civilisationnel. » En un mot, ce sont ces opulents apôtres des idéologies extrémistes qui font l’opinion, du moins de ceux qui forment encore la leur sur les medias mainstream.
C’est la raison pour laquelle des sujets comme l’immigration, la sécurité, la religion, et plus particulièrement l’islam, occupent une place disproportionnée dans le paysage médiatique, et des discours stigmatisants, notamment des propos islamophobes, trouvent une audience large auprès d’un grand public qui n’a pas d’autres sources d’information.
En septembre 2025, par exemple, le Collectif contre l’islamophobie en Europe (CCIE) a saisi la justice après des propos tenus sur l’antenne de CNews, une chaîne appartenant à Bolloré, où un intervenant a déclaré : « Il y aura plus de musulmans que de chrétiens à partir de 2050, le combat ne fait que commencer ».
CNews, qui avait, selon le témoignage d’un journaliste de la chaîne, diffusé dans le magazine « complément d’enquête », déclaré à sa rédaction « A partir de maintenant, on ne va plus faire que du muslim, muslim, muslim. »  termine d’ailleurs l’année 2025 par deux avertissements pour des propos tenus à l’antenne sur l’immigration ou l’islam pouvant inciter à la « discrimination » : le 29 janvier dans l’émission « La grande interview », la maire de Romans-sur-Isère (Drôme) Marie-Hélène Thoraval avait déclaré que les attaques au couteau relèveraient « d’un caractère culturel», leurs auteurs n’étant pas «Français de souche» et ayant «des origines qui sont plus liées avec (…) l’islam ». L’animatrice Sonia Mabrouk n’avait pas bronché. 


Le 20 mars, dans l’émission « Morandini Live », le journaliste du média d’extrême droite Frontières Jordan Florentin a présenté les personnes immigrées comme des « masses » qui « ne peuvent pas forcément s’acclimater avec nos valeurs, nos mœurs et notre culture » et dont l’arrivée en France opérerait un « grand remplacement ».
Cette obsession des arabes, de l’islam et des musulmans s’est naturellement accentuée avec l’affaire de Gaza, surtout dans les medias comme C News ou BFM TV qui font du soutien à Netanyahu leur principale ligne éditoriale. On a ainsi vu sur CNews, un invité expliquer que tous les habitants de Gaza étaient des complices du Hamas, et justifiait ainsi le massacre des civils, et Rachel Kahn affirmer que ceux qui soutiennent les Palestiniens ont pour objectif final d’éradiquer les juifs de la planète.
Même si les propos discriminatoires de C News ont été condamnés par l’ARCOM, on continue à se demander comment de tels paroles peuvent encore être prononcés sur les chaînes de télévision.

On le voit, le racisme anti-musulman est aujourd’hui totalement décomplexé. Comment 2026 se présente-t-il ? Assistera-t-on à une reconduction des idéologies nauséeuses, ou bien de nouveaux événements, notamment au Moyen-Orient, dans la Péninsule arabique et en Afrique, vont-ils rebattre les cartes et obliger la France à faire acte de contrition ?
Nous verrons bien….

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